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Exportations d’hydrocarbures : Des recettes de 37,5 milliards de dollars en neuf mois

Portées par un baril à près de 97 dollars, les exportations d’hydrocarbures ont déjà rapporté 37,5 milliards de dollars en neuf mois. Devant les députés, Mohamed Arkab a aussi dévoilé une enveloppe de 71,6 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030.

Les recettes d’exportation d’hydrocarbures de l’Algérie ont atteint 37,5 milliards de dollars entre janvier et fin septembre 2026, a annoncé samedi le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Il s’exprimait devant la commission des finances et du budget de l’APN, réunie pour examiner le projet de loi de finances 2027 en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali. Cette performance tient d’abord à la flambée des cours. Le prix moyen du brut algérien a bondi de 37 % par rapport à la même période de 2025 pour friser les 97 dollars le baril, tandis que le gaz commercialisé s’est vendu à près de 11,3 dollars le million de BTU. La fiscalité pétrolière a suivi le mouvement avec 2 841 milliards de dinars encaissés, soit près de 105 % des prévisions de la loi de finances 2026, arrêtées à 2 698 milliards.

Pour l’an prochain, le ministre a pourtant choisi la prudence. Le projet de budget sectoriel 2027 table sur une fiscalité pétrolière de 2 652 milliards de dinars, calculée sur un prix de référence de 60 dollars le baril, très en deçà des cours actuels. Le budget propre du secteur avoisine 63 milliards de dinars, destinés pour l’essentiel au soutien du prix de l’eau dessalée. M. Arkab a replacé cet exercice dans un contexte de bouleversements géopolitiques et économiques rapides, avec des tensions régionales et des conflits commerciaux qui pèsent sur la croissance mondiale, font fluctuer les prix et ravivent les craintes sur la sécurité des approvisionnements.

Des investissements de près de 72 milliards USD

Pour tenir la distance, le secteur mise gros. « Une enveloppe d’investissement de près de 71,6 milliards de dollars a été allouée au développement de l’activité des hydrocarbures, dont 52 milliards de dollars destinés à l’activité amont et près de 13 milliards de dollars aux projets de raffinage et de pétrochimie », a précisé le ministre. Au programme figurent la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, une unité de MTBE, un complexe de polypropylène à Arzew, un projet similaire en Turquie et une unité d’alkyl benzène linéaire à Skikda. À l’horizon 2030, le secteur vise une production primaire d’environ 201 millions de TEP, contre près de 128 millions cette année, et veut faire passer le taux de transformation et de valorisation de 30 % à plus de 50 %. Le bilan de l’année nourrit cette ambition. Sonatrach a réalisé 17 nouvelles découvertes depuis janvier grâce à ses seuls efforts, et ses investissements ont dépassé 6 milliards de dollars à fin septembre, contre 5,3 milliards un an plus tôt, soit 21 % de plus. La consommation nationale d’énergie a atteint près de 59 millions de TEP, tirée surtout par le gaz, notamment pendant la vague de chaleur et les incendies de l’été dernier. Le secteur emploie près de 193 000 personnes.

Côté partenariats, l’appel d’offres international « Algeria Bid Round 2026 », lancé par l’ALNAFT sur sept périmètres d’exploration répartis entre Ouargla, Illizi, Touggourt et El Bayadh, a suscité l’intérêt d’une soixantaine de compagnies. Vingt et une d’entre elles ont rempli les conditions d’accès aux données techniques et aux salles de données virtuelles ouvertes depuis juin. Sonatrach a par ailleurs conclu des contrats avec l’italienne Eni, l’indonésienne Pertamina, l’espagnole Repsol, la chinoise Sinopec et l’américaine Occidental Petroleum, tandis qu’Enafor a décroché un contrat de forage de puits d’exploration au Niger.

La demande européenne de gaz progresse

Le ministre a aussi rappelé que l’Algérie s’impose comme un fournisseur fiable de gaz naturel, alors que la demande européenne en gaz algérien progresse. Des contrats de long terme ont été renouvelés ou signés avec l’Italie, l’Espagne, la Slovénie, la Tchéquie et l’Allemagne. Sur le gazoduc transsaharien Nigeria-Niger-Algérie, les négociations ont repris selon le calendrier établi et les travaux du tronçon algérien ont démarré à Adrar.

Le volet diversification n’a pas été oublié. Le projet de phosphate intégré se poursuit à « Bled El Hadba » et « Oued Keberit », avec l’objectif de produire des engrais, de valoriser les ressources minières et de soutenir les exportations hors hydrocarbures. Pour l’eau, la production des stations de dessalement en exploitation a progressé de 26 % à fin septembre pour atteindre 804 millions de mètres cubes. Six nouvelles stations doivent être livrées d’ici 2030, avec une capacité de 1,8 million de mètres cubes par jour, de quoi couvrir 60 % des besoins en eau potable.

Samira Ghrib

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