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Le ministre de l’hydraulique appelle à rationnaliser la consommation d’eau : Haro sur le gaspillage !

À quelques semaines de l’été et de l’Aïd El-Adha, l’eau est redevenue une priorité nationale affichée. C’est à Bouira, wilaya du centre du pays, que le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a choisi mercredi de délivrer un message sans ambiguïté : la ressource hydrique, mieux disponible cette année grâce à des pluies abondantes, ne saurait justifier le relâchement. « Il est temps d’œuvrer pour une gestion rationnelle et rigoureuse de la ressource hydrique, afin de garantir une alimentation stable et régulière en eau potable pour les populations », a-t-il déclaré à la presse en marge d’une tournée d’inspection de plusieurs chantiers du secteur. Le constat du ministre est clair : si les barrages se remplissent — celui de Koudiet Acerdoune affiche désormais 135 millions de mètres cubes — les pertes structurelles menacent de compromettre les efforts de l’État. Bouzegza a explicitement appelé les parties concernées à « lutter contre la gestion anarchique et les raccordements illicites et les fuites d’eau qui pèsent lourdement sur le secteur ». Une injonction qui vise autant les gestionnaires du réseau que les usagers, dans un pays où les pertes en ligne restent significatives. Mais le ministre n’est pas venu qu’avec des mises en garde. Sa visite dans la wilaya a été ponctuée de gestes concrets : pose de la première pierre pour une étude géophysique à Zbarbar destinée à la réalisation de trois puits artésiens, lancement d’un réservoir de 10 000 m³ au chef-lieu pour renforcer l’alimentation en eau potable des communes voisines, et inspection du chantier de réhabilitation de la source Lainser Averkane à Saharidj — un projet qui, une fois achevé, bénéficiera à quatre communes de l’est de la wilaya via un raccordement à un réservoir de 5 000 m³.

Un plan d’urgence pour l’été

En toile de fond, le ministre a tenu à replacer ces chantiers locaux dans la dynamique nationale du secteur. « L’État n’a ménagé aucun effort pour parvenir à cet objectif et a déployé d’importants moyens pour y arriver », a-t-il affirmé, citant la mise en service de 19 stations de dessalement d’eau de mer comme symbole de cette mobilisation. « C’est une fierté pour notre pays », s’est-il réjoui. Le programme ne s’arrête pas là : une douzaine de stations supplémentaires sont en cours de construction, quatre autres sont programmées, et trois en phase d’étude, avec l’objectif affiché de couvrir d’abord les wilayas côtières, puis d’étendre progressivement la desserte vers l’intérieur du pays.

Face à l’échéance estivale, Bouzegza a confirmé l’existence d’un dispositif anticipé : « Il y a un plan d’urgence pour garantir une alimentation en eau potable pour les citoyens en prévision de l’Aïd El-Adha et de la période estivale. » Il a également insisté sur la qualité des remontées d’information, exigeant que « les interventions soient rapides et efficaces » et que « les données et les informations soient réelles et exactes sur le terrain » — une pique à peine voilée aux décalages parfois constatés entre les chiffres officiels et la réalité vécue par les usagers. La journée s’est achevée par des visites au barrage de Tilesdit, à Bechloul, dont la station de traitement est en cours d’extension, et à deux stations d’épuration — à Bouira et à Aïn Bessam — dont les eaux traitées seront réorientées vers l’irrigation agricole des plateaux d’El Asnam et des Aribs. Un signal que la gestion de l’eau, en Algérie, ne se limite plus à l’approvisionnement des robinets : elle intègre désormais la valorisation agricole comme second impératif.

Chokri Hafed

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