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Production nationale, exportations hors-hydrocarbures et caractère social de l’Éta : 2027, l’année charnière

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a désigné 2027 comme l’année charnière de la transformation de l’économie nationale, mercredi à Alger, lors de la rencontre annuelle avec les opérateurs économiques tenue au Centre international de conférences Abdelatif Rahal. Renforcement de la production, hausse des exportations hors hydrocarbures et recul des importations par la substitution locale ont été les maîtres mots d’une allocution qui n’a pas laissé indifférents experts et hommes d’affaires. Le chef de l’Etat a replacé cette échéance dans une trajectoire commencée selon lui en 2019. Avant cette date, l’économie était « à la traîne », sans « aucune interopérabilité sectorielle permettant une synergie, ni aucune industrie de transformation », l’attention étant tournée presque exclusivement vers l’importation. Le contraste est aujourd’hui net à ses yeux. « Nous sommes la troisième économie africaine, et nous poursuivrons nos efforts pour faire encore mieux tout en continuant à remédier aux insuffisances », a-t-il déclaré.

Il a décrit un pays engagé dans le passage d’une économie administrée vers une économie libre, alors que le secteur privé pèse désormais plus de 85 % de sa structure. Un chemin semé d’embûches, a-t-il reconnu, puisque de nombreux pays « ont connu de telles transitions, très difficiles et ayant entraîné des déséquilibres économiques ». L’Algérie entend éviter ce piège. « Nous œuvrons à assurer cette transition en douceur, sans soubresauts susceptibles d’impacter la situation socioéconomique, et c’est une équation difficile », a-t-il confié.

Cette équation inclut le volet social, que le président Tebboune a refusé de sacrifier. « Nous n’obéissons pas aveuglément à la loi de l’offre et de la demande », a-t-il indiqué, estimant que dans les secteurs à vocation sociale l’Etat doit intervenir. L’objectif reste clair à ses yeux. « Grâce à la conjugaison des efforts de tous, nous parviendrons, à l’horizon 2027, à une économie forte tenant compte de la dimension sociale de l’Etat », a-t-il affirmé, promettant de parachever cet édifice à la fin de l’année prochaine.

Des chiffres pour appuyer le cap

Pour étayer son propos, le président de la République a égrené plusieurs indicateurs. Les importations sont revenues à 40 à 42 milliards de dollars, contre 62 milliards auparavant, ce qui prouve selon lui que l’économie est désormais solide. « Nous importerons uniquement ce dont nous avons besoin », a-t-il précisé. L’Algérie a cessé ces dernières années d’importer de l’essence et du kérosène. Elle fera de même pour le gasoil dès la mise en service de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, attendue en 2027.

Le médicament illustre cette dynamique. Le pays couvre désormais 84 % de ses besoins, y compris pour des traitements complexes destinés aux malades du diabète et du cancer, contre 9 à 10 % les années précédentes. Du côté de l’industrie, sa contribution au produit intérieur brut a progressé de 10 % en 2026 et le citoyen « voit désormais des usines ouvrir chaque semaine ». L’agriculture pèse pour 15 % du PIB, avec des investissements dans l’huile et le sucre et l’autosuffisance en céréales visée pour la fin de 2027.

Le chef de l’Etat a aussi ouvert une perspective pour l’automobile. Si les discussions avec les partenaires allemands et italiens se déroulent comme prévu, une voiture algérienne verra le jour d’ici la fin de 2028, avec une boîte de vitesses et des pneus fabriqués localement, loin du simple gonflage de pneumatiques qui prévalait avant 2019. « C’est un pari que nous relèverons », a-t-il lancé.

Investissement, prix et réponse au FMI

Sur le terrain de l’investissement, le président Tebboune s’est félicité de la révision du cadre juridique, qui a permis de recenser 13.000 projets réels, porteurs de nombreux emplois. Il a présenté le Guichet unique national de l’investissement comme une « expérience pionnière », doté de toutes les prérogatives en la matière. Ce dispositif entrera en service le 1er janvier prochain avec la loi de finances 2027. Y voyant la preuve d’une « volonté claire de continuer à faciliter l’investissement », il a demandé une mobilisation collective pour accroître les exportations hors hydrocarbures, dans une logique où l’Etat aide l’investisseur qui, en retour, aide l’Etat. Le chef de l’Etat s’est aussi penché sur les fluctuations récentes des prix, en particulier ceux des fruits et légumes. Il a invité à « bannir la cupidité » et à penser à la classe moyenne comme aux catégories les plus vulnérables. Il a appelé à accélérer la mise en place d’un organisme économique chargé de réguler l’approvisionnement, par le déstockage et l’achat des excédents des agriculteurs et des producteurs.

Interrogé sur la conclusion pessimiste du FMI concernant les réserves de change du pays, il a répondu par les capacités productives de l’Algérie, la baisse des importations et la hausse des exportations. Il a rappelé l’objectif de 30 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures à l’horizon 2030, porté par le phosphate, les engrais et le zinc, ainsi que par l’achèvement du raccordement à la route transsaharienne, appelée à créer une dynamique avec le Tchad, le Niger et le Mali. « Les chiffres sont clairs et tout est clair, c’est une réalité et non une analyse politicienne », a-t-il martelé. Il a enfin chargé le ministre des Finances de prendre contact avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international afin de réexaminer leurs données.

Amar Malki

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