Lutte contre le cancer : Des orientations à l’action
Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a installé mardi à Alger la Commission sectorielle de coordination pour la prise en charge du cancer, pièce maîtresse d’une stratégie nationale qui court jusqu’en 2035 et que le Conseil des ministres vient de valider dimanche dernier autour d’une approche centrée sur la prévention, le dépistage précoce et le traitement efficace. La création de cette instance n’est pas un geste isolé. Elle s’inscrit dans «l’attention particulière accordée par les hautes autorités du pays, à leur tête le président de la République Abdelmadjid Tebboune, au dossier de la lutte contre le cancer», selon le communiqué du ministère. Le Conseil des ministres du 3 mai avait donné le signal en prescrivant «l’adoption d’une approche nationale globale axée sur la prévention, la rapidité du dépistage précoce, et le traitement efficace» — une feuille de route que la commission nouvellement installée est chargée de traduire sur le terrain.
Concrètement, la commission a pour mandat d’«instaurer un cadre permanent de concertation, de proposer des orientations et de mettre en œuvre la stratégie nationale de prise en charge du cancer». Ses chantiers prioritaires : unifier les protocoles thérapeutiques, renforcer le dépistage précoce, développer les services de radiothérapie, soutenir la formation médicale et la recherche scientifique. Elle prendra également en charge la supervision de «la disponibilité et de la distribution des médicaments anticancéreux, garantissant ainsi une exploitation optimale des capacités thérapeutiques». La rationalisation des ressources financières allouées au secteur figure aussi parmi ses attributions, avec l’objectif affiché d’«orienter le soutien vers des programmes nationaux à fort impact».
Aït Messaoudene a rendu hommage lors de la cérémonie aux travaux de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer (CNPLCC), présidée par Adda Bounedjar, estimant que les conclusions des Assises nationales constituent «une base de données nationale riche et une référence scientifique et stratégique majeure pour la mise en œuvre et l’activation de la stratégie nationale de lutte contre le cancer». La commission s’appuiera notamment sur les outils numériques en cours de déploiement : la plateforme du Fonds du cancer et le dossier électronique du patient sont attendus pour renforcer la continuité des soins et la gestion des pannes techniques dans les équipements hospitaliers.
En clôturant la cérémonie, le ministre a fixé le cap sans ambiguïté, appelant à «renforcer l’efficacité de la stratégie nationale de lutte contre le cancer et garantir une prise en charge optimale des patients, en réponse aux attentes des citoyens».
Lyna Larbi

