Économie

Bourse d’Alger : La COSOB ouvre le marché à la finance verte

La Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse a adopté le règlement 26-01, qui instaure un cadre dédié aux titres verts sur la place financière algérienne, a indiqué dimanche la COSOB dans un communiqué. Le texte vise, selon l’instance, à « mobiliser davantage de capitaux en faveur des projets durables » et à faire du marché des capitaux un relais du financement de la transition écologique et climatique, au moment où la Bourse d’Alger cherche à élargir une base encore étroite. Le règlement s’applique aux titres de créance admis sur les compartiments Premium ou Émergent du marché obligataire, à condition que les fonds levés servent exclusivement à financer ou refinancer des projets éligibles. Le communiqué cite les énergies renouvelables, les transports propres, la gestion durable des ressources naturelles vivantes, la biodiversité, l’économie circulaire et l’adaptation au changement climatique. L’émetteur devra rédiger un cadre de référence vert précisant l’usage des fonds, les critères environnementaux de sélection et le suivi des sommes collectées, avec des rapports périodiques sur leur affectation, y compris celles qui n’ont pas encore été dépensées, afin de « garantir la traçabilité des ressources mobilisées ». Une revue externe indépendante, sous forme d’avis d’expert, de certification ou de notation verte, sera confiée à un vérificateur inscrit auprès de la COSOB. L’objectif affiché est de « renforcer la transparence et la confiance des investisseurs ».

La réforme prolonge celle du règlement général de la Bourse du 25 octobre 2023 (n° 23-04), qui a créé des compartiments adaptés aussi bien aux grandes entreprises qu’aux PME. La COSOB a multiplié depuis les signaux d’ouverture. Les obligations de Maghreb Leasing Algérie ont fait leur entrée sur le marché réservé aux investisseurs professionnels, les startups sont dispensées des frais d’introduction, plafonnés à 500 millions de dinars par opération, jusqu’en 2028, et plusieurs entreprises issues de l’enseignement supérieur et de la recherche ont obtenu un visa. CRAPC Expertise a ainsi ouvert son offre du 14 au 30 juin avant une cotation à 1 600 dinars, tandis que CSC Expertise a été autorisée à lever 127,5 millions de dinars par une augmentation de capital de 15 %. Le chantier tombe sur un marché qui a changé de dimension sans changer de structure. La capitalisation a atteint 744,45 milliards de dinars fin 2025, en hausse de 42,70 % sur un an, avant de se stabiliser à 743,64 milliards au 30 juin 2026, selon le bulletin semestriel de la COSOB. Le Crédit populaire d’Algérie et la Banque de développement local pèsent à eux seuls 89,6 % de ce total, et leurs deux titres concentrent 92,7 % des transactions sur les actions. La cote ne comptait que huit sociétés à fin juin. Le nombre d’ordres a pourtant bondi de 229 % en un an, à 49 811 au premier semestre, signe d’un appétit que l’offre peine encore à satisfaire.

Reste la question de l’offre. Les titres verts n’existeront que si des sociétés, publiques ou privées, choisissent d’émettre de la dette cotée. La COSOB y voit de « nouvelles perspectives » pour les entreprises qui veulent diversifier leurs sources de financement et pour les investisseurs attirés par des projets aux bénéfices environnementaux identifiables. Pour une place dominée par deux banques, le pari consiste aussi à élargir le marché par la dette plutôt que par les seules actions.

Amar Malki

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!