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Confrontée à une crise majeure : La France frappe à la porte de l’Algérie pour obtenir plus de pétrole et de gaz

Confrontée à des tensions sur ses approvisionnements énergétiques et à une vague de contestation sociale contre la vie chère, la France a sollicité l’Algérie pour obtenir, dans les meilleurs délais, des cargaisons supplémentaires de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). C’est ce que rapportent, mardie, des sources citées par la plateforme spécialisée Attaqa, basée à Washington. Paris cherche à sécuriser des volumes additionnels auprès de fournisseurs alternatifs, alors que les marchés de l’énergie sont perturbés et que le président Emmanuel Macron se tourne aussi vers les pays du Golfe et d’autres producteurs. Si Alger serait en mesure de répondre sur le brut, la réponse s’annonce plus nuancée pour le GNL. Les engagements contractuels de Sonatrach envers d’autres clients limiteraient sa capacité à dégager rapidement des quantités supplémentaires, selon la même source.

Cette distinction tient à la nature même du commerce gazier. Les cargaisons de GNL sont adossées à des contrats de long terme, avec des dates de livraison et des volumes fixés à l’avance. Réorienter des chargements vers un nouvel acheteur suppose donc des arrangements commerciaux et logistiques qui ne se bouclent pas en quelques jours. Aucun détail officiel n’a filtré sur les volumes demandés, le calendrier de livraison ou la suite réservée à la requête française. Selon l’Unité de recherche sur l’énergie, les exportations de brut algérien vers la France ont bondi à 138 000 barils par jour en avril 2026, contre 43 000 en mars, soit environ 96 000 barils quotidiens de plus. En glissement annuel, la progression ressort à 14 %, par rapport à quelque 121 000 barils par jour en avril 2025. La France a ainsi absorbé près de 15 % des 903 000 barils par jour exportés par l’Algérie ce mois-là. Elle est devenue le premier acheteur du brut algérien, devant la Corée du Sud, l’Espagne, les États-Unis et l’Italie. Sur les quatre premiers mois de 2026, la moyenne atteint environ 95 000 barils par jour, contre 92 000 un an plus tôt, soit un gain de 3,4 %.

Toute hausse à venir dépendra toutefois des volumes exportables, de la demande intérieure algérienne, des engagements en cours, des conditions de transport et des prix pratiqués sur les marchés internationaux. L’urgence de Paris s’explique aussi par la flambée du gaz en Europe, où les stocks sont insuffisants à l’approche de l’hiver. Ce mardi, le mégawattheure s’est établi à 89,72 dollars sur le TTF néerlandais, référence du marché européen, contre 32 euros en février, avant le déclenchement de la guerre en Iran.

Pour Alger, l’équation consiste à concilier ses engagements envers ses clients historiques, les besoins de son marché intérieur et l’opportunité de conforter sa place sur la carte énergétique européenne. Proche géographiquement de l’Europe, l’Algérie apparaît plus que jamais comme un fournisseur de premier plan courtisée depuis plusieurs mois par de nombreux partenaires européens qui ont fait du renforcement la coopération avec Alger une priorité. 

Amar Malki

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