Prix des produits de première nécessité : Des décisions actées
48 heures après le Conseil des ministres, les instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sur la protection du pouvoir d’achat s’appliquent sur le terrain. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a réuni mardi à Alger le Conseil interministériel conjoint pour examiner l’adhésion des mandataires des marchés de gros de fruits et légumes au nouveau dispositif de suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de première nécessité.
Selon le communiqué des Services du Premier ministre, la rencontre s’inscrit « en application des instructions et orientations du président de la République » formulées lors du dernier Conseil des ministres, et vise à préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Les représentants des mandataires et des grossistes ont pu y exposer leurs préoccupations et leurs propositions, qui ont été passées en revue. Au cœur des échanges, l’organisation de la commercialisation des fruits et légumes dans un cadre structuré, « selon une approche participative visant exclusivement à renforcer la transparence et à assurer la traçabilité des produits tout au long de la chaîne de distribution, du producteur au consommateur ». Le même document précise que cette démarche doit aussi garantir leur disponibilité régulière « à des prix maîtrisés, dans l’intérêt du consommateur ».
La réunion s’est tenue en présence des ministres concernés, du président de la Chambre nationale d’agriculture et du président de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), aux côtés des représentants des mandataires. Autrement dit, l’ensemble des maillons de la chaîne ont été conviés autour de la table, du champ jusqu’à l’étal, ce qui donne la mesure de la volonté d’associer les professionnels plutôt que de leur imposer le dispositif.
Rappelons dans ce contexte que le président de la République a arrêté lors du Conseil des ministres de dimanche sept décisions, un plan d’action cohérent, fondé sur l’anticipation, le travail de terrain et une meilleure gestion des données afin de mieux maîtriser le marché et les prix. Le chef de l’État avait notamment demandé l’élaboration d’un texte encadrant strictement l’activité des intermédiaires entre producteurs et consommateurs, afin de mieux maîtriser les circuits de distribution, les prix et les marges. Il avait aussi ordonné l’ouverture d’une enquête sur le rôle de certains importateurs dans la hausse des prix des viandes importées, ainsi que sur les boucheries qui les écoulent au tarif de la viande locale.
D’autres mesures complètent ce dispositif. Les brigades de contrôle des prix du ministère du Commerce intérieur doivent être renforcées, avec des sorties quotidiennes sur le terrain tout au long de l’année. Le ministre de l’Intérieur, en coordination avec les walis, est chargé de mettre en place un mécanisme d’achat et de stockage des excédents locaux, destinés à être réinjectés sur le marché dès les premiers signes de fluctuation. Le ministère du Commerce intérieur élaborera de son côté un dispositif de plafonnement des prix et de fixation des marges pour les légumes, les légumineuses, les pâtes et les viandes. Les directeurs du commerce assureront un suivi quotidien au niveau local, sous la responsabilité des walis, tandis qu’une base de données numérique, pilotée avec le Haut-commissariat à la numérisation, servira de système d’alerte en cas de hausse anormale.
Amar Malki

