Économie

Projet Baladna à Adrar : La réalisation de l’usine de lait en poudre atteint 28 % 

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ali Khaldi, a constaté lundi à Adrar que le chantier de l’usine de lait en poudre du projet intégré Baladna Algérie avance à hauteur de 28 %, alors que les premières vaches laitières en provenance des États américains doivent arriver d’ici la fin novembre. Accompagné du wali d’Adrar, Fodil Dhouifi, de cadres centraux du secteur et des responsables du projet, le ministre a consacré sa journée à sillonner les différents sites de cet investissement conjoint de l’Algérie et du Qatar. Sa première halte l’a conduit près de l’aérodrome d’Adrar, où se construit l’enclos d’isolement et de mise en quarantaine. C’est là que les bovins seront accueillis à leur descente d’avion, avant leur transfert vers les fermes. Les discussions ont porté sur l’organisation logistique, les précautions sanitaires et le suivi de l’état de santé des animaux. Le programme prévoit l’importation de 30 000 vaches par pont aérien, depuis neuf États américains, sur une période de dix mois. Le ministre s’est ensuite rendu dans la commune de Timokten, sur la parcelle numéro 1 réservée à l’usine. Les responsables du projet lui ont détaillé l’état des travaux, en s’attardant sur les unités d’évaporation et de séchage, cœur de la transformation du lait en poudre. Sid Ali Khaldi a donné ses instructions pour le suivi du chantier, la coordination entre les nombreux intervenants et le respect des délais fixés.

À Fenoughil, la parcelle numéro 2 accueillera la ferme d’élevage, où 492 étables sont prévues. Les équipes y préparent déjà la réception du premier contingent de bovins, attendu le mois prochain. Le ministre a également visité le périmètre agricole dédié à la culture du maïs, qui s’étend sur le territoire des daïras d’Aoulef et de Fenoughil, et s’est fait expliquer le forage des puits, la construction des étables, la production fourragère et les autres installations en cours de réalisation. L’ampleur du projet donne la mesure de l’ambition affichée. Baladna Algérie couvre une superficie annoncée de 219 000 hectares et vise à terme un cheptel de 224 000 têtes de bovins, pour une production annuelle estimée à 1,7 milliard de litres de lait. L’investissement, porté par le Fonds national d’investissement et la société qatarie Baladna, est évalué à 3,5 milliards de dollars.

Sur place, le ministre a présenté ce projet comme un modèle intégré de chaînes de valeur, qui réunit la mise en valeur agricole, la production et la transformation industrielle. Selon lui, l’élevage bovin, la production de fourrages et de maïs, le lait en poudre et la viande rouge doivent contribuer à alléger la facture des importations et à créer des emplois directs et indirects. Il a rappelé que son département assure l’accompagnement technique du projet ainsi que le contrôle sanitaire et vétérinaire du cheptel. L’enjeu, a-t-il insisté, touche à la souveraineté économique et à la sécurité alimentaire du pays, avec l’ambition de faire du Sud algérien un pôle d’excellence de l’investissement agricole.

Mégaprojet de céréales à Timimoun

Le lendemain, mardi, le ministre a poursuivi sa tournée dans la wilaya de Timimoun, où il a visité le projet algéro-italien de production de céréales et de légumineuses, dans la zone d’Amguiden, à près de 200 kilomètres au sud du chef-lieu. Dans une déclaration à la presse, Sid Ali Khaldi a présenté cet investissement, qui s’étend sur 36 000 hectares, comme l’un des plus importants de l’agriculture saharienne. L’État compte, a-t-il dit, en faire un « réservoir stratégique futur pour la sécurité alimentaire de l’Algérie ». Le ministre a expliqué que « le projet concilie les potentialités agricoles du sud algérien et l’expertise italienne de production de céréales ». Il s’agit aussi, a-t-il ajouté, d’« un projet intégré de production de semences, de culture, de stockage et de transformation industrielle, susceptible de renforcer l’industrie agroalimentaire nationale ». Il y voit une valeur ajoutée supplémentaire et un moteur de développement local, grâce aux emplois et à la diversité des activités économiques que le projet doit faire naître. Sid Ali Khaldi a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les gestionnaires du projet et les instituts techniques, en rappelant l’expérience accumulée par l’Algérie dans l’agriculture saharienne. Il a assuré du soutien de son département et annoncé la mise à disposition des experts des instituts nationaux spécialisés en agronomie saharienne, compte tenu de l’importance stratégique du projet et de l’intérêt que lui portent les hautes instances du pays.

Au fil de la visite, le ministre s’est enquis de l’avancement des différents modules de ce chantier d’envergure. La base de vie en est à 47 % d’avancement, la station électrique a déjà été réceptionnée et les travaux du réseau routier se poursuivent à bonne cadence.

Sabrina Aziouez

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