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Changement climatique : L’Algérie particulièrement exposée

Le climat algérien se réchauffe à un rythme particulièrement important. Invité mardi de la Chaîne 2 de la Radio algérienne, Saïd Kaddour, chargé de la gestion de l’Agence nationale des changements climatiques, a indiqué que la température moyenne a progressé de 0,49 % dans le pays au cours des dix dernières années, contre 0,39 % à l’échelle du globe. Il l’explique par la baisse des précipitations et la multiplication des phénomènes extrêmes, sous l’effet du réchauffement lié aux activités humaines. « Notre pays subit des défis environnementaux de plus en plus pesants, entre la hausse des températures et le recul de la pluviométrie », a déclaré l’invité de la radio. Il a rappelé que le rapport du GIEC place le bassin méditerranéen et l’Afrique du Nord parmi les régions les plus exposées et les plus fragiles. Canicules, sécheresse et incendies de forêt figurent en tête des menaces, d’où son appel à « redoubler d’efforts » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en renforçant l’adaptation.

Sur le plan des engagements, l’Algérie a actualisé sa contribution et vise une baisse de 14 % de ses émissions d’ici 2035, en s’appuyant sur ses propres ressources financières. Ce taux pourrait grimper à 31 % si le pays bénéficiait d’un soutien financier plus important et d’un meilleur accès aux technologies, a indiqué Saïd Kaddour, chargé de la gestion de l’Agence nationale des changements climatiques. A ce propos, M. Kaddour a assuré que l’Algérie « s’emploie à limiter les effets négatifs de ces émissions » grâce à une série de stratégies, de plans nationaux et d’ateliers menés avec de nombreux secteurs. Le Plan national climat, élaboré en 2019, sert de feuille de route et réunit 155 mesures et actions destinées à freiner les émissions responsables du réchauffement. Il a aussi évoqué le Plan national d’adaptation, piloté par le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie, en coordination avec le Comité national du climat. Les secteurs de l’eau, de l’agriculture et de la santé y sont associés. « Nous réunissons régulièrement tous les départements concernés pour évaluer l’impact des changements climatiques sur chacun d’eux », a-t-il précisé. Autre perspective encourageante, le projet du Barrage vert pourrait changer d’échelle. D’après les dernières évaluations, sa superficie serait extensible jusqu’à 4,7 millions d’hectares d’ici 2035. « Tout repose sur le choix des espèces végétales adaptées », a souligné le responsable, pour qui cette condition conditionne la réussite de l’extension sur le terrain.

M. Kaddour a enfin annoncé le début des préparatifs pour le lancement d’une plateforme nationale de prévision et de suivi anticipé des changements climatiques. Portée par le ministère de l’Environnement avec le Haut commissariat à la numérisation et les secteurs concernés, elle doit permettre de partager et d’harmoniser les données qui serviront à bâtir la stratégie nationale face au dérèglement du climat.

Malik Meziane

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