Pétrole : Le Brent s’envole au-dessus de 111 dollars, l’AIE ne voit aucun retour à la normale
Le marché pétrolier ne connaîtra pas de répit de sitôt. Le patron de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a affirmé mardi à Londres qu’il ne voyait « aucune perspective crédible que 2027 soit une année de normalisation », alors que les cours du brut restent tirés vers le haut par les tensions au Moyen-Orient. Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, gagnait 1,95 % à 111,69 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en novembre, affichait un bond plus net de 5,73 %, à 109,60 dollars. Les opérateurs continuent de scruter l’évolution de la situation géopolitique dans la région, qui nourrit les craintes sur l’approvisionnement. S’exprimant lors d’un sommet sur la transition énergétique organisé par le Financial Times, Fatih Birol n’a pas écarté un nouveau recours aux stocks stratégiques si les difficultés d’approvisionnement venaient à s’aggraver. Il a rappelé que les 400 millions de barils déjà mobilisés depuis mars, une quantité considérable, ne représentent qu’environ 20 % des réserves, les 80 % restants demeurant intacts. L’AIE, qui regroupe 32 pays membres, avait annoncé ce déstockage en mars, sur un total de plus de 1,8 milliard de barils détenus par les États ou l’industrie. Mi-octobre, quelque 330 millions de barils avaient déjà été injectés sur le marché. Les tensions sur le diesel ont poussé les pays membres à accélérer l’écoulement des 100 millions restants, en privilégiant le gazole. La France a ainsi annoncé la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole sur trois mois à partir de novembre, dans l’espoir de faire baisser les prix à la pompe. Dans son rapport mensuel, l’AIE estimait déjà que l’amélioration attendue de la production mondiale de diesel début 2027 ne suffirait pas à combler le déficit accumulé en 2026. Fatih Birol a enfin déploré la place de moins en moins grande accordée au changement climatique dans l’agenda politique international, malgré la multiplication et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. À quelques semaines de la COP 31, déjà critiquée par les associations environnementales pour son manque d’ambition, il a regretté qu’on s’y intéresse moins qu’on ne le devrait dans un monde normal.
R.E.

