Orchestre philharmonique international d’Algérie : Le patrimoine musical national à la conquête du monde
L’Orchestre philharmonique international d’Algérie voit grand. Invité lundi de la Radio algérienne Chaîne 1, son chef, le maestro Amine Kouider n’a pas caché son bonheur d’avoir dirigé le concert officiel de lancement, donné à l’occasion du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution. Il a remercié le président Abdelmadjid Tebboune d’avoir honoré la soirée de sa présence, un geste qu’il juge être « un message de soutien et de reconnaissance aux artistes et musiciens algériens, qui font partie de la force douce du pays et sont les ambassadeurs de sa culture, ici comme à l’étranger ». À ses yeux, l’orchestre est un acquis culturel et civilisationnel qui dépasse le cadre artistique et estime que c’est un outil pour valoriser le patrimoine musical algérien et renforcer le rayonnement du pays par la diplomatie culturelle. Sur scène, le public a eu droit à un programme éclectique. « Le concert a proposé un programme varié qui a réuni les différents genres et couleurs musicales algériens ainsi que des pièces du répertoire classique universel, dans une ambiance marquée par les échanges positifs entre les musiciens et le public, reflétant la profondeur et la richesse du patrimoine musical national et sa capacité à dialoguer avec les écoles musicales du monde », a-t-il décrit. L’Algérie dispose d’un fonds musical ancien et a vu émerger, depuis l’indépendance, des noms connus bien au-delà de ses frontières. Mais l’heure est venue, selon le maestro, d’élargir l’horizon en offrant à la musique algérienne un habillage symphonique professionnel, afin que le public étranger en découvre la singularité, la beauté et l’identité. Fort de plus de 35 ans de carrière et de tournées dans plus de 30 pays étrangers et 12 pays arabes, il se dit plus convaincu que jamais de la nécessité d’inscrire ce répertoire dans les programmations internationales. Chaque région du pays, insiste-t-il, recèle son propre héritage, avec ses histoires, ses couleurs, ses genres et ses instruments, qui méritent d’être recherchés, documentés et promus. Il invite d’ailleurs les artistes à se plonger dans l’histoire de ce patrimoine, l’origine des morceaux et des instruments, pour le faire évoluer sans trahir son authenticité.
L’orchestre se dote aussi d’une académie de formation, destinée à attirer les jeunes talents et à les perfectionner dans le jeu collectif et les techniques musicales, en coordination avec les instituts régionaux de musique et en s’appuyant sur des expériences étrangères. Un programme de détection des talents chez les enfants est prévu, avec à la clé des échanges avec des institutions musicales du monde entier. La stratégie reste ouverte aux compétences algériennes, notamment celles de la communauté nationale établie à l’étranger.
Mohand S.

