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Raz-de-marée démocrate aux mid-terms : Les Américains punissent Trump

Les démocrates ont repris le Sénat et la Chambre des représentants à l’issue des élections de mi-mandat de mardi. Le scrutin sanctionne Donald Trump, rattrapé par la vie chère, les droits de douane et la guerre contre l’Iran. Il a aussi consacré des premières historiques, dont celles d’Abdul El-Sayed et d’Aber Kawas.

Les Américains ont infligé mardi un sérieux revers à Donald Trump. D’après les projections des médias américains, dont l’agence Associated Press, le Parti démocrate a repris le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants à l’occasion des élections de mi-mandat. Le président républicain perd ainsi sa majorité au Congrès, à deux ans de la fin de son mandat. L’ampleur de la défaite est remarquable. Selon l’AFP, les démocrates ont gagné sept sièges au Sénat, où ils disposeront d’au moins 54 élus sur 100, contre 47 auparavant. À la Chambre, les projections du New York Times leur accordaient mercredi à l’aube une majorité d’au moins dix sièges, avec 228 élus. Les nouveaux parlementaires prendront leurs fonctions le 3 janvier 2027. Les démocrates pourront alors bloquer les textes voulus par la Maison-Blanche, entraver des nominations présidentielles et relancer des enquêtes visant l’administration.

Les démocrates ont fait basculer des États tenus de longue date par leurs adversaires. Au Kansas, le pasteur Adam Hamilton est devenu le premier sénateur démocrate élu depuis 1932, au détriment de Roger Marshall. Au Texas, le séminariste presbytérien James Talarico, 37 ans, a battu le républicain Ken Paxton malgré plus de 220 millions de dollars dépensés par Elon Musk en faveur de ce dernier. « Ce soir, nous avons battu Goliath », a-t-il lancé à Austin. Des sièges ont également changé de camp en Caroline du Nord, en Iowa et dans l’Ohio, tous remportés par Trump en 2024. En Caroline du Sud, Annie Andrews a ravi le siège de Darline Graham, choisie par le président pour succéder à Lindsey Graham, décédé en juillet. Dans le Maine, Troy Jackson a mis fin à près de trente ans de règne de la républicaine Susan Collins. Jon Ossoff a été réélu en Géorgie. La Floride reste l’une des rares consolations de Trump, ses candidats y ayant conservé les sièges de sénateur et de gouverneur.

Pour les analystes, ce scrutin est d’abord un vote sanction. La colère des électeurs face au coût de la vie, alimentée par les droits de douane et par la guerre contre l’Iran qui a fait flamber les prix des carburants, a pesé lourd. « Un rejet fort de Donald Trump et de ses politiques », estime le politologue Todd Belt, de l’université George Washington. Le chef de l’exécutif a cherché à relativiser. Sur Fox News, il a affirmé que les électeurs approuvaient sa politique envers Téhéran, mais n’étaient « pas vraiment prêts » à payer davantage pour l’essence. Il s’est dit prêt à travailler avec les démocrates, notamment sur l’immigration, tout en rappelant qu’il disposait du droit de veto. Le futur patron de la Chambre, Hakeem Jeffries, a prévenu : « Nous allons demander des comptes ».

El Sayed et Kawas, des plafonds de verre brisés

Le scrutin restera aussi celui des plafonds de verre brisés. Dans le Michigan, Abdul El-Sayed, issu de l’aile gauche du parti, est devenu le premier musulman élu au Sénat des États-Unis. Il l’a emporté au terme d’un duel serré face à l’ancien agent du FBI Mike Rogers. Il sera aussi le premier médecin démocrate à siéger dans cette chambre depuis 1969. Sa campagne, centrée sur la réforme d’un système de santé coûteux et sur la lutte contre l’influence de l’argent en politique, a attiré les foules, y compris dans des bastions conservateurs. Donald Trump et ses partisans l’ont ciblé de violentes attaques, allant jusqu’à le qualifier de « sympathisant terroriste », des accusations dénuées de tout fondement.

À New York, Aber Kawas a remporté un siège à l’Assemblée de l’État, dans le 12e district du Queens. Selon la presse, elle devient la première Américaine d’origine palestinienne à siéger dans cette institution. Elle avait dominé la primaire avec environ 60 % des voix. Soutenue par le maire Zohran Mamdani et par les Democratic Socialists of America, elle a fait campagne sur l’immigration et le coût de la vie, tout en appelant à la fin du financement américain de la guerre génocidaire sioniste à Ghaza. Sa famille avait été chassée de Palestine en 1948 vers la Jordanie, et son père, détenu par les services d’immigration, a été expulsé vers ce pays. « Nous faisons l’histoire », a-t-elle écrit sur X.

Ces victoires ne sont pas les seules. Hakeem Jeffries est pressenti pour devenir le premier Afro-Américain à présider la Chambre. Gina Hinojosa est la première Hispanique élue gouverneure du Texas. Keisha Lance Bottoms devient la première Afro-Américaine à diriger la Géorgie.

Reste à savoir ce que Trump fera de ce coup de semonce. Il maintient sa ligne sur l’Iran, assurant que Washington pourrait « achever le travail » si Téhéran ne coopère pas. Il confirme aussi sa décision de mettre fin à l’aide américaine à Israël, qu’il juge « devenu assez riche » pour se passer des 4 milliards de dollars annuels. Avec un Congrès hostile, ses marges de manœuvre se réduisent, et la bataille pour 2028 vient de commencer. Lyes Saïdi

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