Industrie pharmaceutique : Novartis lorgne le marché des thérapies géniques
Alger cherche des partenaires industriels pour son futur institut de thérapie génique, et Novartis se met sur les rangs. Le groupe suisse, spécialisé dans le développement et la production de médicaments innovants, a dépêché une délégation dans la capitale. Elle a été reçue mardi par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, en présence de l’ambassadrice de la Confédération suisse en Algérie, Marion Weichelt Krupski. Les discussions ont porté sur le renforcement des partenariats industriels, l’échange d’expertises et le développement des capacités nationales, indique un communiqué du ministère rendu public ce mercredi. La rencontre a d’abord permis de passer en revue les activités de Novartis en Algérie comme à l’international. Le ministère retient « son expertise et ses capacités dans le développement et la production de médicaments innovants », auxquelles s’ajoutent des travaux de recherche scientifique et technologique, « notamment dans les thérapies géniques et les biotechnologies avancées ». Un profil qui colle au chantier que les autorités entendent faire avancer.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est autant industriel que sanitaire. Ouacim Kouidri a réaffirmé que son secteur se tient prêt à accompagner les opérateurs économiques désireux de développer leurs activités et d’investir en Algérie. Il en attend un renforcement des partenariats industriels, un transfert d’expertises et de technologies modernes, ainsi qu’une montée en puissance des capacités locales de production et de prise en charge.
Le ministre a surtout mis en avant « l’importance stratégique » de l’Institut algérien de thérapie cellulaire et génique, dont la réalisation est supervisée par le groupe public Saidal, en coopération avec des firmes étrangères de renom. Il y voit un « projet national ambitieux visant à assurer des technologies thérapeutiques avancées en Algérie et à consolider les capacités de prise en charge des patients, à la pointe des dernières innovations scientifiques et médicales ». Les thérapies géniques, qui ouvrent des perspectives prometteuses face à de nombreuses pathologies incurables, doivent selon lui apporter une valeur ajoutée aux soins et aux services de l’Institut. Elles permettront aussi d’élargir l’accès aux technologies thérapeutiques modernes, ce qui consolidera la souveraineté sanitaire du pays et élèvera le niveau des prestations offertes aux citoyens. L’argument vaut aussi sur le plan économique, puisqu’il s’agit de produire et de maîtriser localement des traitements aujourd’hui hors de portée du tissu industriel national. L’ambassadrice suisse s’est de son côté félicitée de la qualité des relations bilatérales, singulièrement dans l’industrie pharmaceutique. Elle a exprimé son intérêt pour un renforcement de la coopération et pour l’élargissement de ses perspectives, à travers des partenariats dans les médicaments innovants, les technologies thérapeutiques avancées et le transfert de technologie. Lyna Larbi

