Fichier national pour les organisations terroristes : « Une mesure essentielle »

La mise en place d’un fichier national pour les organisations terroristes est imminente.

Peu après que le Haut Conseil de sécurité ait décidé de classer les mouvements Rachad et MAK sur la liste des organisations terroristes et de « les traiter comme telles », voilà que le Conseil des ministres, réuni dimanche sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, adopte un projet d’ordonnance portant création d’un fichier national des organisations terroristes, et ce « dans le but de renforcer le cadre réglementaire relatif à la lutte contre le terrorisme ».  Tout porte à croire que le Gouvernement a entrepris une démarche globale visant à faire barrage aux attaques qui menacent la sécurité et la stabilité du pays, qu’elles émanent de l’intérieur ou au-delà des frontières nationales. Contacté par nos soins, Hassan Kacimi, expert des questions sécuritaires, migratoires et du Sahel, explique la nécessité d’une telle décision. Selon l’expert, « au vu de ce qui se passe autour de nous, l’institution d’un tel fichier se pose avec beaucoup d’actualité ». Par ailleurs, Ahmed Bensaada, analyste politique et professeur à l’université Ahmed Ben Bella d’Oran, nous a affirmé que cette décision était « attendue » au regard de celle prise précédemment par le Gouvernement. Hassan Kacimi qui se dit « fervent défenseur des intérêts de l’État, là où ils sont et quelle que soit la situation » affirme que ce fichier est « nécessaire parce qu’un État de droit doit toujours inscrire son activité dans un cadre juridique bien défini ». Il fera constater que « pour l’instant, bien qu’il y ait des dispositions pénales dans le code pénal qui poursuivent toutes activités subversives ou inscrites dans le cadre du terrorisme, ce cadre juridique n’existe pas ». Ahmed Bensaada, pour sa part, rappelle que ce genre de fichier existe un peu partout dans le monde et qu’un pays a le droit de pouvoir évaluer les risques qui pèsent sur lui et de les identifier. De son côté Hassan Kacimi considère qu’ « en Algérie, un tel fichier est essentiel au vu des risques qui évoluent tout autour de nous. Il y a des menaces terroristes qui ont évolué et se sont déplacées dans le champ cybernétique ». La menace cybernétique, telle annoncée par les experts depuis quelque temps déjà et souvent désignée comme « la guerre de quatrième génération », prend alors des allures de certitudes. Pour Hassan Kacimi, c’est une menace « réelle » qui est « portée par des moyens très importants et souvent extra territoriaux ». « Ce sont des entités étrangères qui sont derrière ces réseaux de communication dans le but de déstabiliser l’État » affirme le spécialiste. Toutefois, anticipant sur d’éventuelles accusations pour « atteintes aux droits de l’Homme et aux libertés individuelles », ainsi que celles d’ « abus » que risquent de brandir certains milieux hostiles pour « dénoncer » la mise en place du fichier nationalfichier national pour les organisations terroristes, le connaisseur des questions sécuritaires affirme que « la loi protège tout le monde ». Il expliquera que celle-ci est « codifiée et initiée par le Gouvernement puis validée par le Parlement » et que suite à cela, il y a « possibilité de la (la loi, ndlr) faire examiner par le Conseil constitutionnel dans le cas où il y a des recours concernant sa constitutionnalité ». Kacimi fait également remarquer que « c’est une ordonnance qui sera soumise à la validation de la prochaine Assemblée ». « Quand on encadre très bien ce genre de fichier sur le plan légal », poursuit Hassan Kacimi, « il y a des voies de recours au niveau de la justice. Les décisions prises par l’administration ne sont pas définitives et peuvent faire l’objet d’un recours ». En ce qui est des droits de l’Homme, selon l’expert, c’est un sujet « dans lequel il y a beaucoup de manipulation pour la raison que toutes les organisations non gouvernementale (ONG) qui activent dans les droits de l’Homme sont financés par des entités sionistes ». Il fait alors le parallèle avec les évènements au cours du mois de mai en Palestine et estime que ces organisations « n’ont pas condamné les actes de l’occupant sioniste, et ont été complices par leur silence ». Pour conclure, Hassan Kacimi, expert des questions sécuritaires, migratoires et du Sahel, dira que « l’opposition est la bienvenue, lorsqu’elle est constructive ». De son côté, Ahmed Bensaada, également expert des questions sécuritaires se rapportant aux activités des ONG, estime qu’ « il faudrait imposer un contrôle rigoureux des financements de ces ONG, voire leur interdire d’exercer en Algérie, comme cela est d’ailleurs le cas en Russie ». Le Pr. Bensaada fera remarquer que les ONG activent principalement dans le champ politique, à l’instar de la NED (National Endowment for Democracy) ou encore l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), et que leur principal rôle est d’exporter vers l’Algérie des modèles politiques préétablis sous couvert de la promotion de la démocratie.

Ryma Ouchait

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