Feux de forêts : Hemdani : « On assiste à un phénomène criminel grave ! »

Le ministre de l’Agriculture et du développement rural a affirmé hier que les incendies qui se sont déclarés, ces derniers jours, sont pour la plus part d’origine criminelle.

 C’est une situation qui nous interpelle tous et il est aujourd’hui prouvé que la plus part des incendies qui ravagent nos forêts sont d’origine criminelle. Des mesures seront certainement prises parallèlement à des campagnes de sensibilisation pour une lutte par anticipation contre les feux de forêts.Les forêts ne représentent que 0,2% de la superficie du pays. Ce qui représente, tout de même,quatre millions d’hectares.

Dans ce sens, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hemdani, a indiqué hier sur les ondes de la Radio algérienne que la stratégie actuelle en matière de lutte contre les incendies, en amont, s’appuie sur la sensibilisation, la communication et le travail de proximité. Le ministre a déploré « ce qui s’est passé ces dernières semaines et ces derniers jours », en référence aux feux de forêt de la wilaya de Khenchela. Le ministre a ainsi estimé que la stratégie de lutte contre les feux de forêt « doit être basée sur le travail de proximité en étant présent constammentsur le terrain ».

« La société civile avec toutes ses représentations notamment les associations, les chasseurs, les riverains, ceux qui vivent de la forêt doivent être pleinement mobilisés dans la lutte contre les incendies » a ainsi préconisé Abdelhamid Hemdani qui a assuré que « cette stratégie est prête et sera concrètement visible sur le terrain dans les jours qui viennent » annonçant une grande rencontre qui regroupera aujourd’hui jeudi le ministère de l’Agriculture et les représentants de la société civile ainsi que les différents organismes concernés dont les services de sécurité.

Le ministre fera remarquer d’ailleurs que les photos satellites ont montré que tous les feux de forêts sont partis à partir des bordures de ces dernières et pas du tout de l’intérieur. Ce qui fait, ajoute-t-il, que nos concitoyens devront être sensibilisés sur ce qui se passe. « Je ne vais pas m’étaler sur des considérations politiques mais il faut quand même qu’on ait un comportement collectif responsable pour préserver ce patrimoine ». Le ministre affirmera à cet effet qu’ « il est inadmissible que dans l’Algérie indépendante, les forêts des Aurès, oh, combien symboliques ! soient brûlées de cette façon criminelle la veille de la célébration de l’indépendance ». « Ce qui est, en terme symbolique, fort et interpelle pour une action de veille citoyenne » a-t-il précisé.

Toujours dans le cadre de la lutte contre les incendies, le ministre de l’Agriculture a reconnu que le renforcement des collectifs des forestiers est un besoin vital mais il n’omettra pas d’insister sur la nécessité de la mobilisation citoyenne via les associations de la société civile et ses représentations. Il affirmera que l’on est dans ne situation inédite « lorsque l’on constate qu’au début de saison on en est déjà à quelques 8.000 hectares de superficie ravagés », relevant que 92% ces dégâts sont constatés dans la seule wilaya de Khenchela dans les Aurès.

Evoquant le chapitre des indemnisations, Abdelhamid Hemdani a réitéré ses déclarations faites lors de sa visite dans la wilaya de Khenchela mais, précisera, toutefois, que ces dernières concerneront d’abord la catégorie des personnes ayant contracté des assurances. La deuxième catégorie, la plus importante, précise-t-il, est constituée de 95% des citoyens, sera indemnisée en nature. C’est-à-dire, par la relance de l’activité agricole qu’il s’agisse du cheptel, de l’arboriculture ou de l’irrigation. « Les recensements sont en cours et les premiers pré-bilans font ressortir que plus de 8.000 pommiers ont été ravagés. Ce qui représente 95% du patrimoine. Un programme spécial est en cours d’élaboration pour la wilaya de Khenchela », a-t-il fait savoir.

Sur un autre chapitre, à savoir la sécurité alimentaire, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a tenu à démentir les affirmations selon lesquelles l’Algérie importe tout ce qu’elle consomme en précisant que « ce n’est pas du tout le cas car nous produisons 70% de nos besoins ». Sauf que, ajoute-t-il, « nous avons un problème en ce qui concerne les grandes cultures et sur le lait » faisant remarquer qu’un programme basé sur l’investissement et les cultures stratégiques est en place, lequel s’étale jusqu’à 2024.

Un programme qui mise notamment sur le développement de l’agriculture saharienne. Il précise à ce sujet que l’Office national de développement de l’agriculture saharienne est actuellementen place et opérationnel et doté d’une plate-forme numérique pour recevoir les dossiers d’investissements mais, il déplorera le nombre insuffisant de ces demandes d’investissement tout en préconisant de désacraliser la question du foncier en le libéralisant pour le mettre au service des investisseurs.

Le ministre insistera surtout sur la nécessité d’aller au bout des programmes d’investissements dans les grandes cultures stratégiquescomme l’orge, le maïs et le blé dur tout en prenant en compte les capacités d’irrigation du pays. Abdelhamid Hemdani dira d’ailleurs à cet effetambitionner« de faire une révolution en matière de développement de la culture du blé dur » avec l’implication de six groupes de travail, des universités sur la base d’une carte agricole de, précise-t-il, pour choisir les meilleures zones pour des cultures données.

Cependant, et commentant le fait que l’Algérie soit l’un des premiers importateurs de blé au monde, le ministre dira que le fait d’« importer six millions et demi de tonnes de blé tendre pose certaines questions ».Il met dans ce sens, à l’index les subventions et leur révision.

Le membre du gouvernement donne certaines indications concernant le projet de révision des subventions. « On va avoir un programme de six plages de subvention » a-t-il indiqué tout en notant qu’il faut « désormais faire le distinguo entre l’importation pour les besoins de consommation ou l’importation pour les besoins de transformation ». « L’Etat maintien sa politique sociale, mais le soutien doit aller à ceux qui en ont besoin » ajoute-t-il tout rappelant « les 300 millions de dollars qui sont jetés en pain » et en préconisant de cibler les créneaux subventionnés.

Enfin, le ministre plaidera pour le travail sur la base de la carte agricolequi tient compte des potentialités de chaque région pour le développement des filières de prédilection dans les zones de prédilection.

Kamel Nait Ameur

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