L'éditorial

L’arroseur arrosé

Le Makhzen est une nouvelle fois pris à son propre jeu. Les Marocains sont à l’origine d’un fait inédit. Hier, quatre membres des forces auxiliaires du royaume chérifien ont entrepris de traverser à la nage la frontière qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole de Ceuta. On se souvient de quelle manière le Makhzen avait lâché, il y a quelques semaines, des milliers de jeunes désœuvrés, sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, histoire de faire du chantage à la migration clandestine avec Madrid, dans le seul espoir d’infléchir sa position sur le Sahara occidental.

Aujourd’hui, ce sont des membres des forces de sécurité marocaines, plus précisément des forces anti-émeute, qui fuient le royaume et sa répression ! L’info a vite fait le tour de la toile et fait le buzz, et le Makhzen est aujourd’hui la risée de la planète. Car, c’est loin d’être un fait anecdotique. Car l’émigration clandestine ne concerne plus seulement de jeunes marocains qui espèrent fuir l’analphabétisme, le chômage et la misère. Ce sont les membres de forces de sécurité qui veulent échapper à des conditions intenables, même pour les fonctionnaires les mieux nantis ! C’est dire le drame que vivent nos frères à l’Ouest de la frontière. Même si les médias affidés au Makhzen veulent enjoliver les choses et les présenter sous leur meilleur jour, et quoi qu’en disent les chiffres officiels, la crise finit d’achever le royaume et son régime politique. Un régime qui peine à trouver des solutions concrètes et qui préfère détourner les regards vers des ennemis imaginaires. Or, et malgré toute la propagande qu’il déploie, il est clair que la réalité rattrape bien vite le tyran.

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