Apaiser le front social

Par Melissa Roumadi-Belferag

L’année 2020 a été difficile. Le covid-19 est passé par là. Il a miné les marchés pétroliers réduisant les capacités de réponse de l’État pour faire face à la crise multidimensionnelle née de la propagation d’un micro-organisme qui a mis à genoux les plus grandes puissances.

Il a affecté une économie nationale, déjà malmenée par une année de crise politique.

Cela a, bien entendu, eu des conséquences. Des chiffres ont été annoncés quant aux pertes des plus grandes entreprises algériennes. Des pertes qui se chiffrent en milliards de dollars. Mais au-delà, la crise sanitaire et économique a affecté les PME et les petits commerces, mais aussi les travailleurs. Malgré les difficultés, l’État a pris des mesures fortes pour tenter de limiter l’impact de la crise sur les ménages. Le versement d’allocations de solidarité pour les ménages et commerçants les plus affectés par la crise, ainsi que des différentes primes covid s’inscrivent dans cet objectif. Il est clair aujourd’hui que les décisions ont été prises et n’ont été appliquée qu’en partie.

Mais cela souligne l’urgence de la prise en charge des préoccupations socio-économiques des populations, notamment dans le contexte actuel de menaces explicites ciblant notre pays, mais aussi de résistances au changement. La résistance de l’administration publique d’abord aux efforts de débureaucratisation, mais aussi la résistance du marché aux changement nécessaire de modèle économique. Un changement qui menace d’ailleurs des intérêts rentiers. Cela entretien les pressions sur le pouvoir d’achat des ménages dans un contexte économique déjà complexe et sape les efforts de l’État pour prendre en charge ces préoccupations. C’est cela qui alimente la frustration sur le front social. Une frustration que l’on tente aujourd’hui d’amplifier et d’instrumentaliser dans le cadre d’appels aux motifs douteux, et grâce à la guerre médiatique et cybernétique qui cible notre pays.

La population se doit d’être vigilante. De l’autre côté, il est impératif de régler certaines problématiques, comme la bureaucratie persistante et la prédominance du marché informel. Il s’agit aussi d’opter pour une approche pédagogique assise sur l’amplification de la communication et du dialogue en exploitant tous les canaux disponibles, que ce soit via les syndicats, la société civile ou les médias.

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