Laid Rebigua, ministre des Moudjahidine : Les propos de Macron« ne méritent pas qu’on s’y attarde »

Les évènement du 17 octobre 1961 sont un souvenir douloureux pour les Algériens, essentiellement ceux de l’émigration. Des évènements que le ministère des Moudjahidine compte commémorer avec un riche programme à même de perpétuer leur souvenir dans la mémoire collective du peuple algérien, a affirmé hier Laïd Rebigua, ministre des Moudjahidines et des Ayant-droits.

Invité à s’exprimer sur les ondes de la Radio algérienne, le ministre a indiqué que « cette année, sera marquée par l’organisation à l’occasion du 17 octobre, d’une grande rencontre nationale qui réunira des universitaires, des chercheurs et des historiens ». La rencontre, ajoute-t-il, sera également l’occasion de présenter des témoignages par des personnes qui ont vécu ces événements et sera également marquée par la publication de nombreux livres traitant de ces événements. Soulignant le travail constant de la commission chargée de l’organisation des commémorations des évènements nationaux, Laïd Rebigua a mis l’accent sur « l’importance de ces commissions et de la célébration de ces dates », tout en se félicitant de l’intérêt toujours croissant de la société civile, organisations et associations pour l’histoire nationale.

Évoquant le sujet de mémoire, le ministre des Moudjahidines et des Ayants-droits a souligné « le grand intérêt accordé par le président de la République à cette question cruciale pour l’Etat algérien tout comme pour le peuple algérien ». « La récupération des restes mortuaires des 24 martyrs algériens qui se trouvaient dans les musées français est un indicateursuffisant pour constater cet intérêt à ces questions », ajoute-il.  Au sujet des déclarations du président français qui a émis dans ses propos des doutes sur l’existence d’unenation algérienne avant la colonisation, Laïd Rebigua a estimé que « c’est là, un propos qui ne mérite pas qu’on s’y attarde étant donné que l’évidence dit que l’Algérie tire ses racines des profondeurs de l’Histoire ». « Les réponses des historiens sont assez suffisantes, » poursuit-il, rappelant la fierté des Algériens de leur histoire faite de victoires et d’épopées qui ont d’ailleurs forgé son caractère.  « Les Algériens ont souffert le martyr sous le joug d’un colonisateur qui a pratiqué toutes les méthodes les plus affreuses », a affirmé M. Rebigua, En abordant le sujet de la demande de reconnaissancede la France des crimes commis en Algérie durant la colonisation telles que le génocide, les enfumades et plein d’autres atrocités et l’on continue à découvrir des cimetièreS collectifs voire même des puits remplis de corps d’Algériens. « Les évènements du 8 mai en sont un exemple »,  ajoute-t-il et de poursuive : « La France  a tué l’équivalent de quatre générations depuis 1830 avec de nombreux millions d’Algériens dont un million et demi tués entre 1954 et 1962 ».

Le ministre des Moudjahidines et des Ayant-droits  a également abordé les efforts de l’Etat sous l’impulsion du président de la République dans l’objectif de vulgariser l’Histoire de notre pays via notamment l’ouverture d’une chaîne de télévision thématique dédiée à ce sujet. Une volonté qui se confirme  notamment par le projet d’enregistrement de 28.000heures de témoignages d’hommes et de femmes qui ont vécu la guerre de libération nationale dont l’opération se poursuit encore et atteignant jusqu’à présent quelques trente-36.000 témoignages. Des témoignages, explique-t-il, qui peuvent faire l’objet de travaux cinématographiques pour la transmission de cette histoire.

Akli Amor

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