Vaccination contre le covid-19 : Les craintes du Pr. Belhadj

Le Directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha d’Alger, Pr Rachid Belhadj, a estimé hier que le manque d’engouement pour la vaccination est inquiétant. Invité à s’exprimer sur les ondes de la Radio algérienne, le médecin a estimé que «le danger réside dans les secteurs où il y a des rassemblements de masse comme dans l’Enseignement supérieur, l’éducation nationale et le secteur économique avec des millions de fonctionnaires accusant une faiblesse de la vaccination et qui pourraient être victime d’une quatrième vague ».

Devant la faiblesse de l’engouement de ces derniers jours, Pr Belhadj a été affirmatif sur « l’impossibilité d’atteindre l’objectif de la vaccination de trentemillions de personnes nécessaire pour l’immunité collective ». Ce qui, explique-t-il, n’empêche pas que la campagne de sensibilisation de s’intensifier avec l’implication effective de tous les secteurs qui doivent protéger leur personnel via un Pass sanitaire malgré le caractère non obligatoire de la vaccination. La période qui coïncide avec le mois d’octobre qui est la période de la vaccination contre les grippes saisonnières doit être mise à profit, ajoute-t-il, pour accélérer la vaccination contre le Covid19.

Reconnaissant que les différents acteurs dont les médias ont fait leur travail dans la sensibilisation, Pr Belhadj a assuré que la communication doit continuer pour inciter les Algériens à aller se faire vacciner même s’il faut passer à la mise en place de mécanismes juridiques qui ont, reconnaît-il, une sorte d’obligation indirecte. Sur un autre volet et concernant le générateur d’oxygène à haut débit acquis pour le CHU Mustapha, Pr Rachid Belhadj a expliqué que sa mise en route a nécessité des moyens techniques et la formation du personnel de l’entretien. Ce qui fera que ce matériel pourra être opérationnel dès le mois de décembre prochain.

Par ailleurs, abordant le volet socioprofessionnel, Pr Belhadj déplorera que « le médecin ne fait plus partie de la classe moyenne avec la baisse de son pouvoir d’achat ». Ce qui les contraint, note-t-il, « à migrer vers le secteur privé ou aller carrément vers d’autres activités ».  « Aujourd’hui, avec des moyens financiers énormes qui dépassent de loin ceux des pays voisins, l’on se retrouve dans une situation où les prestations médicales ne sont satisfaisantes ni pour les malades ni pour les médecins et le personnel de la santé », déplore-t-il. Une situation, précise Pr Belhadj, qui nécessite un débat franc sur la carrière des ressources humaines, sur la qualité des soins et autres. Préconisant que l’Etat dans son rôle régalien prenne en charge les lourdes pathologies, Pr Belhadj a appelé à « la recherche d’autres moyens de prise en charge via d’autres mécanismes de financement ».

Relevant enfin la volonté manifeste du président de la République et du ministère de la Santé d’aller vers la relance du système de santé, Pr Belhadj a appelé  à« la refonte du système qui doit assurer la sécurité sanitaire des algériens ».

Kamel Nait Ameur

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