Le socle de l’amitié

« On impose, à distance, plus de respect. » Tacite, historien romain.

La France « respecte » l’Algérie. Elle serait même « profondément attachée » aux relations d’amitié et de coopération entre les deux pays. C’est du moins ce que tente de faire croire Jean-Yves Le Drian via un langage diplomatique des plus châtiés. Ainsi donc la France officielle tente de corriger ses « errements » de langage en rectifiant le propos. Or, il est clair que ces errements sont loin de se limiter au discours. Ils reflètent une attitude, un état d’esprit qui préside à chacune des actions initiées par la France officielle avec l’Algérie, et plus largement les pays d’Afrique. Une attitude qui s’appuie sur cette croyance bien ancrée dans les arcanes du pouvoir parisien de se croire en terrain conquis. Ils reflètent cette manie de s’ingérer, pour un oui ou pour un non, dans les affaires d’États indépendants parfaitement  souverains, et de jouer le jeu de la déstabilisation par la division. La division entre États et leurs citoyens, entre les enfants d’un même pays, remettant encore sur le tapis des soi-disant différences ethniques, culturelles et cultuelles qui n’existent en fait que dans l’esprit malade de l’ancienne puissance coloniale et de ses relais aliénés.  La France officielle tente de minimiser l’ampleur des propos tenus par Emmanuel Macron et d’en faire un petit impair qui ne mériterait pas, selon elle, une réponse ferme et souveraine telle que formulée pour l’Algérie. Pourtant l’on se rappelle encore du discours souverainiste et de la réponse ferme de la France aux deux dirigeants italiens, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, qui avaient osé défendre les Gilets jaunes.

Non ! Le respect ne s’exprime pas par les mots, mais par les actes. Et la distance est pour le moment le meilleur moyen de le faire comprendre. Car comme le dit le proverbe oriental,  le respect est le lien de l’amitié.

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