La Confédération paysanne française exige l’interdiction de l’importation des produits agricoles sahraouis : Nouvelle gifle pour le Makhzen

Le syndicat agricole français exige interdire les importations des produits agricoles exploités par l’occupation marocaine au Sahara occidental. 

La Confédération paysanne française (syndicat agricole) a exigé du Conseil d’État qu’il se positionne sur l’importation des fruits et légumes du Sahara occidental. Elle exige de rendre obligatoire l’étiquetage spécifiant la provenance de ces produits d’u territoire sous occupation. 

L’organisation syndicale a réagi à la suspension par le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative française, le 9 juin, de la procédure concernant l’importation de fruits et légumes provenant du Sahara occidental et de leur étiquetage, alors que le tribunal de l’Union européenne (UE) avait positivement tranché la question en septembre 2021.

En 2013 la Confédération paysanne avait déjà « attaqué en justice la société française Idyl qui produit des fruits et légumes au Sahara. L’ancien secrétaire général du syndicat, José Bové, a, lui aussi, dénoncé ces importations lorsqu’il était député européen ».

Plusieurs entreprises agricoles se partagent ce marché du Sahara tourné vers l’exportation. Parmi elles, on trouve Les Domaines agricoles, filiale marocaine de la holding royale Siger, ainsi qu’Azura, du groupe Tazi, ou encore le Français Idyl, précisent des sources marocaines.

En février 2020, la Confédération paysanne a lancé une procédure auprès des ministères de l’Agriculture, de l’Économie et des Comptes publics pour, notamment, exiger « l’étiquetage des produits importés comme étant issus du territoire colonisé du Sahara occidental, comme c’est déjà le cas pour les denrées importées depuis la Palestine occupée, en application d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne ». Rappelons dans ce contexte que le Tribunal de l’Union européenne a annulé, au mois de septembre dernier, deux accords de pêche et d’agriculture liant le Maroc à l’Union européenne et étendus au Sahara Occidental occupé, affirmant qu’ils ont été conclus en violation de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de 2016 et sans le consentement du peuple du Sahara Occidental.

De son côté, le membre du secrétariat national du Front Polisario en charge de l’Europe et de l’Union européenne, Oubi Bouchraya al-Bachir, a indiqué que l’avenir était ouvert à deux possibilités qui auront un impact direct sur la région, « soit une paix juste et définitive basée sur le respect de la légitimité et du droit international, soit plus de congestion et de tension ».

Lors de sa participation à une table ronde, à l’invitation de la gauche européenne – dans le cadre d’un symposium méditerranéen tenu à Bruxelles, consacré au thème des luttes sociales et de l’autodétermination dans la région, Oubi Bouchraya a évoqué les transformations sociales à la lumière de la lutte de libération au Sahara occidental, soulignant l’importance de la « libération humaine parallèlement à la libération de la terre, comme un point clé dans la lutte du Front Polisario depuis sa création jusqu’à maintenant ». Dans son intervention, il a également informé les délégations participantes des derniers développements de la question sahraouie, notamment ce qui résulte des manœuvres de l’occupant marocain, lesquelles poussent vers plus de dérapage, en faisant la promotion, avec ses alliés, « de propositions unilatérales qui contredisent la légalité internationale », selon l’agence de presse sahraouie SPS. Il a déclaré que le Front Polisario « n’a jamais arrêté de faciliter la tâche de la communauté internationale, en contrepartie de l’insistance du Maroc sur sa position expansionniste et son manque de volonté politique, en plus de recevoir le soutien direct de certaines parties occidentales pour continuer de faire obstruction aux efforts des Nations unies ».

De leur côté, les représentants de la gauche européenne et leurs partenaires de la région méditerranéenne ont convenu, à l’unanimité lors de leurs interventions, de « la nécessité de respecter le droit international, d’abandonner les doubles standards et de pousser vers la décolonisation du Sahara occidental, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité qui prévoient l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui ».

R.I.

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