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Afghanistan : Combats urbains meurtriers dans le Sud

L’armée afghane a appelé hierles habitants à évacuer la ville méridionale de LashkarGah, où des combats particulièrement meurtriers ont tué 40 civils en 24 heures, selon l’ONU, et dont les forces afghanes entendent désormais déloger « durement » les talibans.

« Nous vous demandons de quitter vos maisons dès que possible. Nous allons affronter » les talibans et « les combattre durement », a lancé aux habitants de Lashkar Gah le général Sami Sadat, plus haut gradé de l’armée dans le Sud afghan, dans un message audio qu’il a demandé aux médias de diffuser. »Nous ne laisserons pas un seul taliban en vie (…) Partez dès que possible afin que nous puissions entamer notre opération », a-t-il ajouté.

Plus tôt, la Mission de l’ONU en Afghanistan (Unama) a exprimé dans un tweet « sa profonde inquiétude pour les civils afghans à LashkarGah, où les combats s’intensifient », appelant à « la cessation immédiate des combats dans les zones urbaines ».Elle a indiqué que les civils étaient particulièrement victimes de l’offensive au sol des talibans et des bombardements de l’armée afghane, précisant que 40 d’entre eux avaient été tués et 118 blessés ces dernières 24 heures au cours des combats dans LashkarGah, ville de 200.000 habitants.Un habitant de LashkarGah ayant requis l’anonymat a décrit à l’AFP une ville où « il n’y a plus d’électricité, plus de nourriture, (où) les magasins sont fermés », où les belligérants s’affrontent « rue par rue » et que l’aviation afghane « bombarde presque chaque minute ». »C’est le 4e jour d’intenses combats à l’intérieur de la ville. Certains habitants ont déjà quitté la ville (…) mais beaucoup de gens sont toujours coincés », a-t-il raconté. »Les hôpitaux sont débordés même si la plupart des gens n’osent pas y emmener leurs proches dans un véhicule privé, de peur d’être tués par les talibans ou bombardés par le gouvernement », a-t-il expliqué.Sefatullah, patron de la radio locale Sukon, a indiqué que sa station avait cessé d’émettre dimanche « car les talibans se sont emparés du bâtiment ». »Depuis dimanche, 10 radios et trois chaînes de télévision ont cessé d’émettre, soit parce que les talibans ont pris leurs locaux, soit parce qu’ils leur ont dit d’arrêter. Seule une radio favorable aux talibans émet encore en ville », a-t-il ajouté.Le ministère afghan de l’Information et de la Culture a de son côté indiqué que « onze radios et quatre chaînes de télévision étaient coupées en raison des attaques ou des menaces des talibans dans la province du Helmand », dont LashkarGah est la capitale. »Les attaques et menaces des talibans contre les médias montrent leur hostilité à la liberté d’expression », a poursuivi le ministère.Les talibans mènent depuis trois mois une offensive tous azimuts au cours de laquelle ils se sont emparés de vastes territoires ruraux. Les forces afghanes qui n’ont jusque là offert qu’une faible résistance, ne contrôlent plus pour l’essentiel que les capitales provinciales.Les insurgés ont récemment resserré leur étau sur trois d’entre elles:LashkarGah, mais aussi Kandahar et Hérat, deuxième et troisième ville du pays.Les autorités de la province d’Hérat (ouest) ont affirmé mardi que les forces afghanes avaient repris plusieurs zones des faubourgs de la capitale provinciale aux talibans, parvenus ces derniers jours à quelques kilomètres de cette ville de 600.000 habitants. »Une importante opération » menée avec une milice locale dans l’ouest de la ville leur a permis de reprendre « plusieurs zones », notamment dans le district d’Injil qui enserre Hérat, a affirmé mardi à l’AFP JailaniFarhad, porte-parole du gouverneur provincial.Elles ont aussi repris le contrôle de la route menant à l’aéroport, situé à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville, en détruisant un point de contrôle que les insurgés y avaient installé, même si certains sont encore présents à proximité immédiate, a-t-il précisé

R.I. avec AFP

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