Flambées des prix des viandes rouges : Quelles mesures pour stabiliser le marché ?

La flambée des prix des viandes et notamment de viandes rouges continue de faire réagir les pouvoirs publics. Alors que le prix du kilo de viande varie entre 2.000 et 2.300 DA, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a assuré hier que des mesures seront prises pour stabiliser le marché et remédier à la problématique.

« Inacceptable ! ». C’est en ces termes que le premier responsable du département de l’Agriculture, Mohamed Abdelhafid Henni a qualifié hier la flambée des prix des viandes rouges au cours des derniers. S’il est vrai que cette perturbation dans le marché des viandes a déjà été dénoncée au mois d’octobre dernier par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a saisi l’occasion de la célébration du 48e anniversaire de la création de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), pour revenir à la charge. Intervenant lors de la cérémonie tenue au niveau du siège de l’Institut national de Recherche agronomique d’Algérie (INRAA) sous leAbdelma thème « notre sécurité alimentaire, une garantie pour notre souveraineté nationale », Mohamed Abdelhafid Henni que ses services étaient en passe de prendre les mesures nécessaires pour réorganisation de la filière, seule garantie de la stabilisation des prix.

Des mesures qui sont assises sur l’assainissement de la filière des intermédiaires afin de s’assurer que les aides de l’État contribuent à stabiliser la filière et les prix. C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’une vaste opération de recensement du cheptel, parallèlement à la fermeture des marchés à bestiaux a été lancée il y a quelques semaines pour maitriser la filière, identifier les éleveurs et mieux cibler les importantes aides publiques dont bénéficie le secteur, notamment en ce qui concerne le soutien aux prix des fourrages et aliment de bétail.

Dans ce sens, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a évoqué les récentes consultations avec les opérateurs et professionnels de la filière qui ont permis de parvenir à un ensemble de mesures à l’image du recensement du cheptel et le recours aux puces pour permettre d’identifier les bêtes et les situer leur emplacement géographiquement, ainsi que la fermeture des marchés à bestiaux à l’autorisation de la vente directe des bêtes de l’éleveur aux abattoirs pour raccourcir le circuit et  garantir la disponibilité du produit.

Céréaliculture : améliorer les rendements

Sur un autre registre et concernant le développement de céréaliculture fer de lance de la stratégie nationale en matière de sécurité alimentaire, le ministre a indiqué que des commissions d’encadrement des opérations labours-semailles de la saison 2022-2023 seront dépêchées dans toutes les wilayas du pays dans les semaines à venir en vue de garantir le rendement de la filière céréale.Ces commissions sont composées de cadres centraux et locaux, de représentants de l’UNPA et des chambres d’agriculture, mais aussi des cadres de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), sous la supervision des Walis.

M. Henni a mis en avant, à cet égard, la détermination du secteur d’augmenter la production céréalière, tous types confondus, à l’instar des blés dur et tendre en plus de l’orge, à travers l’amélioration du rendement à l’hectare, l’affectation d’une surface de 3 millions d’hectares pour cette filière stratégique et l’encadrement de l’opération en dépêchant des commissions dans l’ensemble des wilayas concernées.Le ministre a également évoqué l’opération de collecte des données relatives aux exploitations agricoles destinées à la céréaliculture, soulignant que l’objectif de cette opération était de s’assurer des surfaces cultivées, soulignant l’utilisation, pour la première fois, de moyens technologiques de pointe, à l’instar des drones pour la vérification des données déclarées. Il également a relevé le bond « qualitatif » réalisé par le secteur grâce au soutien et à l’accompagnement de l’Etat permettant de couvrir 75% des besoins alimentaires.De son côté, le ministre des Travaux publics, de l’hydraulique et des infrastructures de base, Lakhdar Rekhroukh a évoqué les défis relatifs à l’eau dans l’agriculture et le développement rural, soulignant le rôle de son secteur dans la mise en œuvre de la stratégie de l’Etat visant à réaliser la sécurité hydrique en instaurant un équilibre dans la disponibilité de l’eau au niveau national à travers les grands transferts d’eau à partir des régions à forte disponibilité vers celles qui manquent de cette ressource vitale, et ce, dans le cadre de la solidarité hydrique.

Hocine Fadheli

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