Multiplication des attaques de l’extrême droite contre l’Algérie: Les limites de l’instrumentalisation politiques des relations algéro-françaises
La multiplication des attaques et allégations mensongères contre l’Algérie émanant de certains milieux politiques français s’est trouvée une nouvelle fois démentie par les faits et la justice de leur propre pays, mettant en lumière une instrumentalisation politique inquiétante des relations entre les deux pays. Dans une démonstration éclatante de manipulation, les accusations portées notamment par la députée européenne Sarah Knafo, compagne d’Éric Zemmour, concernant un prétendu non-paiement des dettes hospitalières algériennes ont été formellement démenties par le ministre français de la santé lui-même. Les chiffres révélés confirment entièrement la position algérienne : sur un total de 150 millions d’euros de factures couvrant la période 2007-2024, l’Algérie s’est acquittée avec rigueur de ses engagements, ne laissant qu’un reliquat de 2,58 millions d’euros, un montant qualifié de « très acceptable » par les autorités françaises. Notre pays a en effet versé plus de 93,7 millions d’euros pour la période 2010-2019 et 23,2 millions d’euros supplémentaires entre 2020 et 2024, prouvant sa parfaite fiabilité dans le règlement de ses obligations. Il est d’ailleurs significatif de noter que c’est la partie française qui entrave les travaux de la commission mixte chargée de régler ces dettes, alors même que l’Algérie a pris la décision souveraine de ne plus orienter ses ressortissants vers les établissements de santé français. Plus révélateur encore de la manipulation politique en cours, la justice française vient d’infliger un camouflet retentissant au ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau dans l’affaire de l’expulsion d’un ressortissant algérien. Le tribunal administratif de Paris a non seulement suspendu la procédure, mais a surtout dénoncé en des termes particulièrement sévères l’utilisation abusive des procédures d’urgence, qualifiant les actions du ministre « d’offensives brutales contre les étrangers » servant un « agenda politique ». Cette décision intervient dans un contexte où l’extrême droite française, par la voix de Marine Le Pen, multiplie les appels à des mesures hostiles contre notre pays, allant jusqu’à réclamer l’annulation de l’accord migratoire de 1968 et l’imposition de sanctions supplémentaires contre les Algériens. Ces manœuvres électoralistes se heurtent cependant à la réalité des faits : l’accord franco-algérien, fruit de négociations équilibrées et révisé à trois reprises (1985, 1994 et 2001), continue de faire l’objet d’un suivi bilatéral régulier, comme en témoigne l’activation de la commission mixte en 2022. Les chiffres avancés par le ministre français des Affaires étrangères concernant les expulsions de migrants en situation irrégulière (5420 entre 2020 et 2023) démontrent d’ailleurs que les procédures existantes fonctionnent efficacement, rendant d’autant plus injustifiées les tentatives de dramatisation de certains politiques français. L’historien Benjamin Stora, pourtant connu pour sa connaissance approfondie des relations franco-algériennes, n’hésite pas à qualifier la crise actuelle comme la plus grave depuis l’indépendance, dépassant même celle de 1971 liée à la nationalisation des hydrocarbures, soulignant ainsi l’impact destructeur des instrumentalisations politiques actuelles. Le parquet de Paris a même dû intervenir, récemment de manière exceptionnelle, pour rappeler les principes fondamentaux de l’État de droit, suite à des communications jugées inappropriées du ministre de l’Intérieur sur des affaires en cours, illustrant une nouvelle fois la dimension purement politique des attaques visant notre pays. Cette accumulation de démentis officiels, de censures judiciaires et de rappels à l’ordre institutionnels met en lumière une stratégie délibérée de tension de la part de certains responsables politiques français, privilégiant des calculs électoralistes au détriment de la vérité des faits et du respect des procédures légales. Face à ces manœuvres, l’Algérie maintient sa position de principe fondée sur le respect mutuel et la défense de ses intérêts nationaux, tout en continuant à honorer scrupuleusement ses engagements internationaux, comme le prouve le dossier des dettes hospitalières.
Salim Amokrane

