Prix des véhicules en 2023 : Les assurances de Zeghdar

Les prix des véhicules qui seront commercialisés en Algérie dès 2023 fait débat. L’évolution des conditions du marché automobile international suscite certaines appréhensions. Dans ce sens, le département de l’Industrie rassure : l’ouverture du marché aux véhicules neufs, l’installation de constructeurs automobiles en 2023 et les nouvelles conditions imposées par les nouveaux cahiers des charges relatifs à la concession et la construction automobile permettront une baisse des prix sur le marché national.

C’est ce qu’a tenu à réaffirmer hier, le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar dans un entretien à l’agence de presse officielle APS. D’ailleurs, le premier responsable du secteur a saisi l’occasion pour clarifier et corriger ce qui a été dit autour de cette question au cours des derniers jours. C’est dans ce que le ministre a clairement expliqué que le marché qui a été marqué des tensions au cours des dernières années, devrait connaître une baisse des prix grâce à une amélioration de l’offre, la maîtrise des coûts et des marges bénéficiaires lesquelles seront étudiées. Zeghdar a dit s’attendre à «une baisse des prix des véhicules sur le marché algérien, en raison de plusieurs facteurs, essentiellement la hausse importante des prix des véhicules ces dernières années, soutenue d’une absence de l’offre et la spéculation (…) Avec le retour de l’approvisionnement à travers l’importation et la fabrication locale, les prix reculeront assurément», a-t-il dit. Pour le ministre, les véhicules qui seront importés ou assemblés «sont destinés, pour la plupart, à une large frange à l’instar des ceux ayant un revenu moyen, ce qui signifie que leur coût et les marges bénéficiaires seront étudiés par le fabricant», en sus du « facteur de la compétitivité qui jouera aussi un rôle dans la baisse des prix». Il recadre certains propos tenus dernièrement à propos de la question des prix expliquant que ceux-ci « seront au même niveau des prix dans le reste des pays du monde». Quant à la date d’entrée de la première voiture importée en Algérie, il a rappelé que la durée maximale de l’étude du dossier par la commission technique et l’octroi de l’agrément est fixée à deux mois, à partir de la date de l’obtention de l’accusé de réception du dépôt de la demande d’agrément. Dès la délivrance de l’agrément, «les choses seront entre les mains du concessionnaire pour engager les procédures d’importation».

Il explique aussi que dans le but de corriger la situation qui a résulté d’une expérience précédente dans le domaine du montage de véhicules, l’Etat a œuvré à la relance d’«une véritable industrie mécanique», en instaurant une dynamique pour les entreprises sous-traitantes existantes, tout en ouvrant la porte de l’importation et en hâtant l’approvisionnement du marché «avec un moindre coût possible et avec un plus grand intérêt économique possible».

Revenant sur l’intégration et la sous-traitance locale, M. Zaghdar a rappelé les conditions imposées aux constructeurs de véhicules touristiques et utilitaires légers intéressés par le marché algérien, où un taux initial d’intégration de 30% a été fixé au terme de la 5e année. Par ailleurs, les constructeurs souhaitant bénéficier des avantages accordés dans le cadre des accords de libre-échange signés par l’Algérie, devraient atteindre un taux d’intégration de 40%.L’une des particularités du nouveau cahier des charges, en ce qui concerne les véhicules touristiques et utilitaires légers, est la présentation d’une lettre d’intention portant sur l’adhésion du constructeur propriétaire de la marque elle-même, à la stratégie nationale de développement de la filière automobile, précise le ministre de l’Industrie. Le constructeur détenant la marque est libre d’accorder l’homologation pour la commercialisation locale de ses véhicules à l’opérateur qu’il veut et choisit, a-t-il expliqué.Conformément à ces conditions, le ministère négocie avec plusieurs constructeurs souhaitant implanter des usines en Algérie et produire certains types de leurs véhicules. Ces négociations ont abouti, jusqu’à présent, à un accord avec l’un des plus importants groupes de construction automobile du monde, «Stellantis», propriétaire de la marque italienne «FIAT», en attendant la conclusion d’autres accords prochainement.Cette marque fabriquera quatre modèles de véhicules avec une capacité de production initiale de 60.000 véhicules/an, dès la première année, pour atteindre 90.000 véhicules/an.S’agissant de la fabrication d’autres types de véhicules et d’équipements, à l’instar des camions, des remorques et semi-remorque, des bus, des tracteurs, des motos et des engins de travaux publics, le ministre a rappelé l’existence de nombre d’usines qui activaient dans le domaine du montage, indiquant que son secteur organisait des réunions périodiques avec les industriels, ayant convenu d’une modalité de calcul du taux d’intégration propre à chaque type.A la question de savoir si les véhicules qui seront fabriqués localement bénéficieront des crédits bancaires, le ministre a rappelé que les crédits de consommation sont ouverts exclusivement à la production nationale, conformément aux lois et réglementations en vigueur. De ce fait, les véhicules produits localement «sont éligibles aux crédits de consommation, contrairement aux véhicules qui seront importés».     

Chokri Hafed

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