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Relations algéro-françaises, Sahel et conjoncture internationale : Tebboune : « L’Algérie est une puissance africaine »

À la veille de la célébration du nouvel an, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a accordé un entretien au quotidien français « Le Figaro », dans lequel il a livré sa vision des relations algéro-françaises, mais aussi des perspectives imposées par la conjoncture internationale et la position de l’Algérie vis-à-vis de certaines questions cruciales, à l’image de la guerre en Ukraine et de la situation au Sahel, en Palestine occupée et au Sahara occidental. Il a également souligné l’indépendance de l’Algérie qui prend des décisions et affiche ses positions de manière souveraine et en tant que puissance africaine.

Ainsi, et s’exprimant sur la crise en Ukraine, le Président Tebboune a affirmé : « Je n’approuve, ni ne condamne l’opération russe en Ukraine. L’Algérie est un pays non aligné, et je tiens au respect de cette philosophie. Notre pays est né pour être libre ».Faisant un parallèle avec ce qui se passe de par le monde, le président de la République a indiqué qu' »il serait bon que l’ONU ne condamne pas uniquement les annexions qui ont lieu en Europe », avant de s’interroger sur l’annexion du Golan par l’entité sioniste ou du Sahara occidental par le Maroc.

En ce qui concerne l’évolution de la situation sécuritaire sur le plan régional ; le président de la République a relevé, par ailleurs, que « le terrorisme est derrière nous et ne représente plus un danger pour l’Algérie », regrettant que les étrangers refusent de le constater. »L’islamisme est derrière nous, il ne représente plus un danger politique même s’il subsiste quelques reliquats », a-t-il dit.Enchaînant sur l’instabilité dans la bande sahélienne, le Président Tebboune a fait observer que « la dislocation de la Libye a facilité le transfert d’armes lourdes » dans cette région, affirmant à cet effet que « le règlement de la situation sur place passe évidemment par l’Algérie ». »Si on nous avait aidés dans l’application de l’accord d’Alger de 2015 pour la pacification de cette zone, on n’en serait pas là », a-t-il relevé, ajoutant que « dans cette crise, l’Algérie a un raisonnement de voisin, elle ne fait pas de géopolitique, comme d’autres ».Dans le même sillage, il a souligné que « nous vivons en bonne entente avec nos frères maliens depuis plus d’un siècle », précisant que « pour ramener la paix, il faut intégrer les gens du Nord du Mali dans les institutions de ce pays » et que « le terrorisme n’est pas ce qui me préoccupe le plus, nous pouvons le vaincre ». »Je suis beaucoup plus inquiet par le fait que le Sahel s’enfonce dans la misère. Là-bas, la solution est à 80% économique et à 20% sécuritaire », a-t-il déploré.

L’Algérie reste attachée à l’accord de 1968

Pour ce qui est des relations algéro-françaises, Président Tebboune qui a annoncé qu’il se rendrait en France en 2023, en visite d’Etat a indiqué qu’ « il est urgent d’ouvrir une nouvelle ère des relations bilatérales entre l’Algérie et la France. Plus de 60 ans après la guerre, il faut passer à autre chose. Si la mémoire fait partie de nos gènes communs, nous partageons aussi bon nombre d’intérêts fondamentaux, même si nos points de vue peuvent diverger ».Il a ainsi estimé que « la France doit se libérer de son complexe de colonisateur et l’Algérie, de son complexe de colonisé. L’Algérie est une puissance africaine qui ne ressemble plus du tout à ce qu’elle était en 1962 ».

S’exprimant sur la question de la Mémoire et après avoir rappelé que la décision d’installer une Commission d’historiens de part et d’autre a été prise par lui et le Président français, il a affirmé qu' »une partie de la colonisation doit être dépolitisée et remise à l’histoire

Au sujet des essais nucléaires effectués par la France coloniale dans la région su sud algérien, le Président Tebboune a « demandé que la France nettoie les sites de ces essais, vers Reggane et Tamanrasset, où la pollution est énorme », faisant part de son « souhait qu’elle prenne en charge les soins médicaux dont ont besoin les personnes sur place ».

Répondant à une question sur « le rétablissement du flux habituel des visas par la France », le président de la République a estimé que « c’est simplement dans la logique des choses », rappelant que « la circulation des personnes entre nos deux pays a été réglée par les Accords d’Evian de 1962 et l’Accord de 1968″. »Il y a une spécificité algérienne, même par rapport aux autres pays maghrébins. Elle a été négociée et il convient de la respecter », a-t-il rappelé.

Chokri Hafed

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