Recrudescence de la violence au Mali : Alger réaffirme son soutien à l’unité malienne et son rejet du terrorisme
Le chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf a réaffirmé lundi la position de l’Algérie sur la crise malienne : soutien à l’intégrité territoriale du Mali, rejet sans condition du terrorisme et appel à la cohésion nationale.
Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a réaffirmé lundi la position de l’Algérie sur la crise malienne : soutien à l’intégrité territoriale du Mali, rejet sans condition du terrorisme et appel à la cohésion nationale. Il s’exprimait à Alger à l’issue d’une audience accordée à son homologue bosnien Elmedin Konakovic, en visite officielle en Algérie.
Le Mali traverse depuis le 25 avril une offensive d’une ampleur inédite. Des attaques coordonnées ont frappé simultanément plusieurs villes du pays, dont la capitale Bamako, ainsi que Kati, Kidal et Gao. Les opérations ont été revendiquées conjointement par le Front de libération de l’Azawad et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda. Dans le nord, la ville de Kidal est passée sous le contrôle des rebelles. Le ministre de la Défense malien Sadio Camara a été tué dans l’attaque de sa résidence à Kati. Les autorités maliennes ont imposé un couvre-feu à Bamako.
C’est dans ce contexte qu’Attaf a qualifié de « développements dangereux » la situation au Mali, réaffirmant la position « claire et constante de l’Algérie » en soutien à « l’unité du Mali, territoire, peuple et institutions ». Il a réitéré le rejet algérien « catégorique de toutes les formes et manifestations du terrorisme, qui ne peut être justifié ni toléré, quels qu’en soient les motifs ou les causes ».
Sur le fond, le ministre a mis en avant la cohésion nationale comme réponse durable à l’instabilité. L’Algérie se dit favorable « au renforcement de la cohésion nationale au sein de la République du Mali, pays frère », car « cette cohésion nationale constitue le meilleur rempart contre le terrorisme et un bouclier solide pour faire face à ce fléau avec l’efficacité requise ».
Cette position est ancrée dans l’histoire du pays. L’Algérie a traversé dans les années 1990 une décennie de violence terroriste qui a fait des dizaines de milliers de morts. Attaf l’a rappelé explicitement : le rejet du terrorisme est une position « dictée par l’expérience douloureuse de l’Algérie face à ce fléau ».
L’Algérie n’est pas étrangère à ce dossier. Elle partage avec le Mali plus de 1 300 kilomètres de frontière et entretient depuis des décennies une coopération sécuritaire étroite dans la région. La stabilité du Mali est directement liée à celle de l’Algérie. C’est ce qui explique l’engagement constant d’Alger sur ce dossier, par la voie diplomatique et dans le cadre des mécanismes régionaux.
Alger a toujours défendu le dialogue politique entre toutes les composantes de la société malienne comme condition d’une stabilité durable au Sahel. C’est sous médiation algérienne qu’un accord de paix et de réconciliation avait été signé en 2015 entre les autorités de Bamako et les groupes de l’Azawad. Un accord qui offrait un cadre politique pour réconcilier le nord et le sud, intégrer les communautés touarègues dans les institutions et priver les groupes armés de leur vivier de recrutement et qui permettait de renforcer les capacités de lutte contre le terrorisme. Un accord qui a malheureusement été dénoncé en 2023 par la junte au pouvoir à Bamako, qui a préféré recours aux armes et interventions de milices étrangères. Une posture qui a induit une dégradation progressive de la situation au Mali et aux attaques du 25 avril.
Salim Amokrane

