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Colonisation sioniste en Cisjordanie occupée et génocide à Ghaza : La pression internationale monte

Alors que le bilan de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza atteint 72 619 martyrs et 172 484 blessés depuis le 7 octobre 2023, la pression internationale sur l’entité sioniste monte sur plusieurs fronts simultanément : en Europe, plus de 400 anciens diplomates exigent des sanctions contre le projet de colonisation E1 en Cisjordanie ; à l’ONU, l’OCHA alerte sur la poursuite du ciblage des civils ; en Espagne, Pedro Sanchez appelle à protéger la CPI ; et deux militants de la flottille pour Ghaza croupissent toujours dans les geôles sionistes malgré les demandes de libération onusiennes. Une semaine qui cristallise, une fois de plus, l’impunité organisée d’une puissance occupante face à un monde qui condamne sans agir.

448 anciens ministres, ambassadeurs et hauts fonctionnaires européens ont adressé mercredi une lettre ouverte aux dirigeants de l’Union européenne. Leur message est sans ambiguïté : « L’UE et ses États membres, en collaboration avec leurs partenaires, doivent prendre des mesures immédiates pour dissuader l’entité sioniste de poursuivre son annexion illégale de terres palestiniennes en Cisjordanie. » Parmi les signataires figurent l’ancien vice-président de la Commission européenne Josep Borrell et l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt. La lettre vise directement le projet E1, approuvé par l’entité sioniste en août 2025 : des milliers de logements de colonisation qui couperaient physiquement la Cisjordanie en deux, rendant toute continuité territoriale d’un futur État palestinien structurellement impossible. L’ONU et l’UE avaient déjà appelé à l’abandon de ce projet. Sans effet. Les signataires fixent une échéance concrète : « L’UE doit agir dès maintenant, notamment lors du Conseil Affaires étrangères du 11 mai. » Et ils détaillent les mesures minimales attendues : « Des sanctions ciblées, notamment des interdictions de visa et l’interdiction d’exercer des activités commerciales dans l’UE, à l’encontre de toutes les personnes impliquées dans des activités de colonisation illégales. »

2 900 enfants disparus, un chiffre qui accuse

L’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires tire de son côté la sonnette d’alarme. La semaine écoulée a enregistré l’un des bilans d’agressions les plus lourds depuis le cessez-le-feu d’octobre dernier : frappes sur des zones résidentielles, un entrepôt onusien touché, des véhicules humanitaires endommagés. Les restrictions imposées à l’entrée de fournitures essentielles — huile moteur, pièces détachées, engins de déblaiement — paralysent la distribution alimentaire, l’acheminement de l’eau, les ambulances et les unités de soins intensifs. Les besoins sanitaires restent « stupéfiants », selon l’OCHA, qui appelle à un accès humanitaire sans entrave. Trente équipes médicales d’urgence regroupant plus de 380 professionnels ont renforcé le système de santé le mois dernier. C’est insuffisant. Les besoins dépassent largement les moyens.

Nada Nabil, directrice du Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparitions forcées, a livré des chiffres qui donnent le vertige. Entre 7 000 et 8 000 Palestiniens seraient portés disparus, dont environ 2 700 enfants encore ensevelis sous les décombres et 200 autres disparus dans des circonstances diverses — zones de distribution d’aide, abords des positions militaires sionistes, couloirs d’évacuation. « La famine a contraint de nombreux enfants à assumer des responsabilités familiales, comme la recherche de bois et de farine. Cela les a conduits vers les convois d’aide, ce qui a entraîné la disparition de beaucoup d’entre eux », a-t-elle expliqué. L’ampleur des destructions et les restrictions sur le matériel lourd empêchent toute opération de recherche à grande échelle.

À Madrid, Pedro Sanchez a demandé mercredi à la Commission européenne d’« activer l’instrument anti-coercition afin de protéger l’indépendance de la Cour pénale internationale et des Nations unies, ainsi que leurs actions pour mettre fin au génocide à Ghaza ». Il a averti que les sanctions visant les défenseurs de la justice internationale font peser des risques sur l’ensemble du système international des droits de l’homme, ajoutant que « l’Union européenne ne peut rester spectatrice face à cette persécution ».

Pendant ce temps, deux militants de la flottille pour Ghaza demeurent détenus par l’entité sioniste : le Brésilien Thiago Avila et l’Espagnol Saïf Abu Keshek, arrêtés en eaux internationales au large de la Grèce avec quelque 175 autres militants, tous relâchés depuis. Le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Thameen Al-Kheetan, a exigé leur « libération immédiate et sans condition », faisant état de témoignages de « graves mauvais traitements ». Madrid a qualifié l’arrestation de « complètement illégale et inacceptable ». La détention a été prolongée mardi pour la deuxième fois.

Depuis le 10 octobre et l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 837 Palestiniens sont tombés en martyrs, 2 381 autres ont été blessés et 769 corps ont été récupérés. Le cessez-le-feu, sur le papier. Sur le terrain, l’agression continue.

L.S.

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