Sonatrach accueille des experts nigériens : La coopération énergétique entre dans sa phase opérationnelle
Une délégation d’experts et d’ingénieurs du ministère nigérien du Pétrole est en visite de travail en Algérie du 9 au 18 mai. Dix jours, une dizaine de sites pétroliers, et un agenda technique dense : le déplacement traduit, en actes concrets, un rapprochement diplomatico-énergétique entre Alger et Niamey qui s’est accéléré de manière spectaculaire depuis le début de l’année. Le groupe Sonatrach a annoncé la nouvelle dimanche dans un communiqué, précisant que la visite s’inscrit dans le prolongement du mémorandum d’entente signé le 24 mars à Niamey, lors de la deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne. Ce texte, conclu sous la présidence des Premiers ministres Sifi Ghrieb et Ali Mahmane Amin Zine, pose les bases d’un partenariat structuré dans les hydrocarbures : exploration, production, études géologiques, transfert technologique et formation des ressources humaines.
La délégation nigérienne a entamé son séjour par une réunion technique au siège de l’Exploration et Production de Sonatrach, conduite par le vice-président de cette activité, Farid Djettou, avec la participation de représentants du ministère des Hydrocarbures et de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT). S’en sont suivies des visites au centre de gestion des données de l’ALNAFT et aux installations de la division Production à Alger. Le programme prévoit ensuite un déplacement à Boumerdès, où les experts nigériens visiteront le centre de traitement des données sismiques de l’ENAGEO, la division Laboratoire et l’Entreprise nationale de génie civil et construction (ENGCB). Une étape à l’Institut algérien du pétrole est également au programme. La mission se conclura à Hassi Messaoud, poumon de l’industrie pétrolière nationale, avec des visites à la carothèque, à l’ENAFOR, à l’ENTP et à l’ENSP. Sonatrach souligne que cette visite reflète «le haut niveau de coopération» entre les deux pays et «la volonté des deux pays de renforcer leur partenariat énergétique, notamment dans les domaines de la formation, du développement des capacités techniques et de l’échange d’expériences, de manière à servir les intérêts des deux pays et à soutenir les efforts de développement durable dans la région.»
Ce que Niamey vient chercher à Alger est précis : une feuille de route pour structurer son propre secteur pétrolier. L’Algérie a réitéré son engagement à accompagner le Niger dans la structuration de son secteur des hydrocarbures, avec l’ambition affirmée de contribuer à l’émergence de sociétés pétrolières nigériennes capables de jouer un rôle de premier plan à l’échelle sous-régionale. La gestion des données pétrolières, la maîtrise des infrastructures numériques, le contrôle qualité des hydrocarbures : autant de domaines où Sonatrach, fort de six décennies d’expérience, dispose d’un savoir-faire documenté. L’accord de mars prévoit également la réalisation d’études géologiques approfondies pour mieux valoriser le potentiel énergétique des deux États, ainsi qu’un volet formation des ressources humaines.
En toile de fond, le projet du gazoduc transsaharien (TSGP) reste l’infrastructure fédératrice de la relation bilatérale. Ce gazoduc devrait permettre d’acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers les marchés internationaux via l’Algérie, constituant un levier majeur d’intégration énergétique régionale. La visite technique de cette semaine, discrète dans sa forme, s’inscrit dans cette logique de long terme.
Amar Malki

