Économie

Gaz naturel : Les États-Unis et l’Algérie trustent le marché espagnol

Les États-Unis et l’Algérie ont fourni à eux seuls près de 70% du gaz naturel importé par l’Espagne en avril 2026, selon les données publiées par Enagás, le gestionnaire technique du système gazier espagnol. Une domination qui s’installe dans la durée et qui dit beaucoup sur les équilibres énergétiques en train de se dessiner en Méditerranée occidentale. En volume, les importations de gaz américain ont atteint 10 071 gigawattheures (GWh) le mois dernier, soit 35,1% du total reçu par l’Espagne sur la période. Le gaz algérien, acheminé exclusivement via le gazoduc Medgaz, s’est établi à 9 787 GWh, représentant 34,1% de l’approvisionnement mensuel. Réunis, les deux pays ont donc couvert 69,2% des besoins gaziers espagnols en avril, ne laissant que peu de place aux autres fournisseurs. La Russie arrive en troisième position avec 4 394 GWh, soit 15,3% des importations du mois. Ce chiffre marque toutefois un recul significatif par rapport à mars, où les volumes russes avaient dépassé les 9 800 GWh. La contraction est nette, même si les données d’Enagás ne fournissent pas d’explication directe à cette évolution.

Sur l’ensemble des quatre premiers mois de l’année, les États-Unis confirment leur rang de premier fournisseur avec 47 901 GWh cumulés, soit 36,2% du total importé depuis janvier. L’Algérie suit avec 40 403 GWh (30,6%), devant la Russie à 23 157 GWh (17,5%). La hiérarchie est stable, mais les marges entre les deux premiers restent limitées — un point d’écart sur le cumul annuel suffit à rappeler que l’Algérie reste un acteur incontournable du marché espagnol, avec l’avantage d’une infrastructure terrestre qui réduit les coûts et les délais d’acheminement.

En dehors de ces trois pays, l’Espagne a importé du gaz depuis huit autres origines depuis le début de l’année : le Nigeria, l’Angola, la France, le Portugal, le Congo, le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Sénégal. Fait notable, aucun pays du Moyen-Orient n’a contribué à l’approvisionnement espagnol sur la période, le conflit en cours en Iran ayant perturbé les flux en provenance de cette région.

Du côté des infrastructures, les stockages souterrains atteignent environ 65% de leur capacité, et les terminaux de regazéification tournent au-dessus des 70%. Ces niveaux traduisent une situation d’approvisionnement globalement confortable, en dépit des tensions géopolitiques qui continuent de peser sur les marchés internationaux du gaz.

Côté demande, le bilan d’Enagás arrêté au 10 mai fait état d’une légère progression de 1,4% de la demande transportée — consommation intérieure plus exportations — par rapport à la même période de l’an passé, pour un total de 141,1 térawattheures (TWh). En avril, la consommation globale de gaz naturel a reculé de 0,1% en glissement annuel, à 23 065 GWh. La décomposition de ce chiffre révèle des tendances contradictoires : la consommation du secteur électrique a bondi de 19,6%, alors que la demande dite conventionnelle — industrie et usage résidentiel — a chuté de 6,3%.

Cette divergence traduit un mouvement de fond dans l’usage du gaz en Espagne : l’électricité tirée des centrales à gaz monte en charge, probablement pour compenser des épisodes de faible production renouvelable, pendant que la demande classique s’érode sous l’effet de la hausse des prix et des efforts d’efficacité énergétique.

Sabrina Aziouez

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