Maladies hydriques : L’État inspecte ses dispositifs avant l’été
À l’approche de la saison estivale, période où les risques de maladies à transmission hydrique augmentent sensiblement avec la chaleur, la hausse de la consommation d’eau et l’afflux touristique, une délégation du Comité national de prévention et de lutte contre les maladies à transmission hydrique (MTH) a sillonné plusieurs wilayas du pays pour vérifier que les dispositifs de prévention sont bien en place sur le terrain. La visite, annoncée mercredi par le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, s’est accompagnée de réunions de coordination et d’inspections de laboratoires et d’installations de contrôle des eaux.Ces déplacements, précise le communiqué du ministère, «s’inscrivent dans le cadre des préparatifs de la saison estivale 2026, conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, relatives au renforcement des interventions de prévention et de contrôle, et à l’intensification de l’action de terrain pour la préservation de la santé publique». Autrement dit, il ne s’agit pas d’un tour d’horizon routinier, mais d’une vérification commandée au plus haut niveau, avec un calendrier dicté par l’urgence saisonnière.
Dans chaque wilaya visitée, la délégation a tenu des réunions élargies en présence des membres des commissions locales concernées, des chefs de daïras, des présidents d’assemblées populaires communales et des directeurs des secteurs impliqués. L’ordre du jour portait sur «l’examen de l’état de mise en œuvre, au niveau local, des mesures préventives et de contrôle décidées, ainsi qu’à l’évaluation de la situation générale relative à la prévention des maladies à transmission hydrique», selon le ministère. Des exposés techniques ont également été présentés, couvrant le contrôle de la qualité de l’eau potable, l’hygiène de l’environnement, la gestion des déchets ménagers, l’assainissement et le contrôle sanitaire. La délégation s’est aussi assurée de «la disponibilité des différents services pour une intervention rapide le cas échéant» — une formulation qui dit beaucoup sur la priorité accordée à la réactivité. En cas de foyer épidémique, chaque heure compte. Les chaînes de commandement et les ressources humaines doivent être prêtes avant que la saison ne commence, pas après.
Le volet inspection a complété le volet concertation. La délégation a visité plusieurs laboratoires d’hygiène de wilaya et installations de contrôle des eaux, où elle «s’est enquise des conditions d’organisation, du fonctionnement et des mécanismes de suivi adoptés, tout en faisant le point sur les mesures concrètes visant à limiter les risques de propagation des maladies à transmission hydrique». Ce passage sur le terrain permet de confronter les rapports administratifs à la réalité des équipements et des pratiques.
Le contexte justifie cette mobilisation. Les maladies à transmission hydrique — gastro-entérites, typhoïde, hépatite A — connaissent historiquement des pics en été, liés à la pression sur les réseaux d’eau, à la baisse du débit dans certaines régions et à une fréquentation accrue des plages et des espaces de loisirs. La chaleur accélère la prolifération bactérienne dans les eaux mal traitées ou stockées dans de mauvaises conditions. S’y ajoutent les mouvements migratoires internes et le retour des émigrés, qui multiplient les contacts entre populations et sollicitent les infrastructures locales bien au-delà de leur capacité habituelle. Face à ce tableau récurrent, les autorités ont visiblement choisi de ne pas attendre que les premiers cas remontent des wilayas. Les visites du Comité national traduisent une volonté d’anticipation.
Chokri Hafed

