CAN U17 : Les Verts éliminés au bout du suspense
La sélection algérienne des moins de 17 ans a été éliminée dimanche de la Coupe d’Afrique des nations U17-2026 en quarts de finale, battue aux tirs au but (4-3) par la Tanzanie au terme d’un match haletant qui s’était achevé sur un score de parité (3-3) au complexe Mohammed VI de Salé. Mohamed Valmy, auteur d’un doublé et désigné homme du match, a manqué son penalty lors de la séance décisive.
Ce quart de finale restera longtemps dans les mémoires, pas pour sa conclusion, mais pour ce qu’il a révélé de ces jeunes Algériens. Trois fois menés ou rejoints, trois fois revenus. Un caractère indéniable, une détermination que même l’élimination ne peut effacer. Mais le football est ainsi fait : il arrive que ce soient les plus courageux qui paient le prix fort.
Les choses avaient pourtant bien commencé. Dès la quatrième minute, Mohamed Valmy ouvre le score et donne le ton. L’Algérie est là, conquérante, visiblement prête à franchir ce cap des demi-finales. Mais la Tanzanie, qu’il ne fallait pas sous-estimer, répond par Athanasi à la 25e minute. Égalisation. Le match bascule dans un registre bien plus ouvert, bien plus incertain. Valmy remet les siens devant à la 40e — son doublé est déjà là — mais M’Balasalu surgit dans les arrêts de jeu de la première période pour remettre les deux équipes à égalité (2-2, 45e+8). Retour aux vestiaires sur un score qui ne dit rien de ce qui va suivre.
La deuxième période est du même acabit. Athanasi, décidément insatiable, propulse la Tanzanie devant pour la première fois du match à la 61e minute. C’est le moment de doute, le moment où des équipes plus fragiles auraient lâché. Mais les protégés d’Amine Ghimouz ne lâchent pas. Noam Benramdane, entré dans la surface comme si la pression n’existait pas, égalise à la 65e minute. Trois partout. Le match est relancé, les nerfs sont à vif, et il reste encore vingt-cinq minutes de temps réglementaire pour tenter de faire la différence. Ni les uns ni les autres n’y parviendront. Malgré plusieurs tentatives des deux côtés, le score ne bougera plus. Direction la séance de tirs au but.
Et là, le football montre son visage le plus cruel. Valmy, qui avait tout donné dans le jeu, et Benramdane, qui avait sauvé l’équipe deux fois, ratent leurs penalties. La Tanzanie, elle, ne tremble pas : 4-3. Élimination. Ces deux-là, qui avaient été les héros du match, se retrouvent à en porter le poids. C’est injuste, dans le sens brut du terme. Mais c’est aussi ce qui fait que le football reste, malgré tout, le sport le plus imprévisible du monde.
Il serait réducteur de ne retenir que l’élimination. Cette équipe algérienne U17, conduite par Amine Ghimouz, a traversé la phase de groupes avec sérieux avant de livrer en quart de finale l’une des affiches les plus intenses de la compétition. Dans un football africain des jeunes catégories de plus en plus exigeant, où des nations comme la Tanzanie, longtemps considérées comme des seconds couteaux, se révèlent capables de tenir tête aux favoris continentaux, finir à ce stade n’a rien d’une honte. Mais l’ambition algérienne était ailleurs, et la déception est à la hauteur des espoirs investis dans cette génération.
Mohamed Valmy, désigné homme du match malgré l’élimination, a incarné à lui seul les contradictions de cette soirée : cinq des six buts algériens portent sa signature ou celle de Benramdane, et ce sont eux qui ont manqué à l’heure des tirs au but. C’est la loi du genre. Valmy n’en reste pas moins le joueur le plus en vue de ce quart de finale, celui qui a refusé de baisser les bras, encore et encore.
Pour l’Algérie, il reste une consolation de taille : comme les sept autres nations qualifiées pour les quarts de finale, les Verts ont décroché leur billet pour la Coupe du monde U17. À cela s’ajoutent deux places supplémentaires obtenues à l’issue des barrages disputés samedi, le Mozambique ayant éliminé l’Éthiopie (2-1) et l’Ouganda s’étant imposé face au Ghana (3-2). La compétition mondiale se profile donc, et cette génération aura une autre occasion de montrer ce dont elle est capable. Les tirs au but de Salé n’auront peut-être été qu’un mauvais souvenir sur un long chemin.
M. Dahleb

