États-Unis — Iran : Vers la finalisation d’un accord
Washington et Téhéran étaient, dimanche, en phase de finalisation d’un accord destiné à mettre fin au conflit qui les oppose depuis le 28 février, date du déclenchement de la guerre lancée par les États-Unis et l’entité sioniste. Un compromis « largement négocié », selon les mots du président américain Donald Trump, qui prévoirait la réouverture du détroit d’Ormuz et un assouplissement des sanctions pesant sur l’Iran, tandis que la question nucléaire serait renvoyée à un cycle de négociations ultérieur. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a laissé entendre depuis New Delhi qu’une annonce officielle pourrait intervenir dans la journée. La journée de dimanche s’est ouverte sur des signaux contradictoires, entre optimisme affiché et mise en garde appuyée. Trump a publié sur son réseau Truth Social que les négociations « avancent de manière ordonnée et constructive », avant d’ajouter aussitôt que le blocus américain du détroit d’Ormuz « restera pleinement en vigueur jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé ». La nuance est importante : Washington parle d’un accord proche, mais entend ne rien céder avant la signature. « Les deux parties doivent prendre leur temps et faire les choses correctement. Il ne peut y avoir aucune erreur », a-t-il précisé.
De son côté, Téhéran a confirmé la dynamique sans pour autant en surestimer la portée. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué samedi que son pays était en « phase de finalisation » d’un protocole d’accord avec Washington, tout en prenant soin de cadrer les attentes : « Cela ne signifie pas nécessairement que nous et les États-Unis parviendrons à un accord sur les questions importantes. » Il a précisé que le dossier nucléaire ne faisait pas partie « à ce stade » des discussions en cours.
Un accord en deux temps, le nucléaire en suspens
Ce que les deux capitales semblent avoir trouvé, pour l’heure, ressemble davantage à un arrangement provisoire qu’à un règlement définitif. Selon le New York Times, qui cite des responsables américains, l’accord en discussion ne traite pas de la manière dont l’Iran se déferait de ses stocks d’uranium enrichi. Cette question ferait l’objet d’un prochain cycle de négociations « dans les semaines ou mois à venir ». Le site Axios, pour sa part, décrit un schéma en trois volets : prolongement de soixante jours du cessez-le-feu actuellement en vigueur, réouverture du détroit d’Ormuz pendant cette période avec possibilité pour l’Iran de vendre librement son pétrole, puis négociations sur le nucléaire dans un second temps.
C’est précisément cette architecture qui cristallise les résistances à Washington. Dans le camp républicain, plusieurs voix se sont élevées ce week-end contre un accord jugé trop conciliant. Le sénateur Ted Cruz a estimé sur X que l’issue pourrait être une « erreur désastreuse ». Lindsey Graham et l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo ont exprimé leur opposition à ce que l’Iran puisse bénéficier à court terme de la libre vente de son pétrole. Le sénateur républicain Thom Tillis a été plus direct encore sur CNN : « Nous parlons d’une position selon laquelle nous pourrions accepter que les matières nucléaires restent en Iran. Comment cela peut-il avoir un sens ? » L’opposition démocrate, elle, formule une critique inverse mais aboutit au même scepticisme. Le sénateur Chris Van Hollen a résumé sa lecture de la situation sur Fox News : « J’ai l’impression que cet accord va en fait nous ramener au statu quo d’avant-guerre. »
Trump a semblé répondre à ces pressions en publiant un message qui ressemble à une mise au point : « J’ai informé mes représentants qu’il ne fallait pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur. » Il a également tenu à rappeler la ligne rouge qui ne bougera pas, quelle que soit l’issue des négociations : « L’Iran ne peut ni développer ni se procurer une arme ou une bombe nucléaire. »
Le Pakistan en médiateur, l’Europe en observateur
Le Pakistan joue dans ce dossier un rôle de médiateur que son premier ministre Shehbaz Sharif assume publiquement. Il a déclaré espérer « accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations » entre les représentants des deux pays, confirmant que le processus diplomatique, quel qu’en soit le rythme, se poursuit dans un cadre structuré.
L’Union européenne a accueilli les développements du week-end avec prudence. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué sur X les « progrès vers un accord », tout en formulant deux conditions claires : la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz doit être garantie, et l’Iran « ne doit pas être autorisé à développer une arme nucléaire ». Bruxelles dit vouloir continuer à travailler avec ses partenaires pour parvenir à une « solution diplomatique durable ». Le premier ministre britannique Keir Starmer a, lui aussi, salué « les progrès vers un accord », en promettant de travailler avec les partenaires internationaux pour « saisir cette occasion ».
Rubio, depuis New Delhi où il effectue sa première visite officielle en Inde, a tenté de donner une perspective plus large à l’accord en cours d’élaboration. Au-delà du règlement immédiat du conflit et de la réouverture d’Ormuz, il a décrit un « processus qui peut finalement nous conduire là où le président souhaite que nous arrivions, à savoir un monde qui n’a plus à craindre ou à s’inquiéter d’une arme nucléaire iranienne ». Ce qui se dessine, en somme, c’est une sortie de crise en plusieurs étapes, chacune conditionnée par la précédente. Les deux parties semblent s’accorder sur les termes d’une désescalade immédiate. Sur le fond, la négociation ne fait que commencer.
Lyes Saïdi
Liban
Nouvelles frappes sionistes dans le sud et l’est du pays
L’entité sioniste a mené de nouvelles frappes dimanche sur le Liban, au lendemain d’un raid qui a fait onze martyrs, selon les autorités libanaises, a rapporté l’Agence nationale d’information libanaise, ANI. Selon le ministère libanais de la Santé, qui a dénoncé un « massacre », six femmes et un enfant figurent parmi les 11 personnes tuées samedi dans le district de Nabatiyé, dans le sud. La frappe de l’armée sioniste a aussi fait neuf blessés, dont un enfant, a ajouté le ministère dans un communiqué. L’entité sioniste continue de mener des frappes massives sur le Liban malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril et récemment prolongé de plusieurs semaines. Une partie des raids sionistes de dimanche, menés dans le sud du pays et la Bekaa (est), ont eu lieu avant un appel à évacuer 11 villages de ces deux régions. D’épais nuages de fumée ont été vus s’élever après des frappes sur Nabatiyé et Zawtar el-Charqiyé, dans le sud du Liban. La Défense civile libanaise a annoncé plus tôt dimanche matin que son centre de Nabatiyé avait été détruit par une frappe sioniste dans la nuit. Les dégâts sont uniquement matériels et aucun blessé n’a été signalé parmi le personnel, qui avait été transféré vers un autre site avant la frappe. Néanmoins, le ministère de la Santé libanais a recensé le martyr de 123 secouristes et personnels de santé depuis le début de l’agression sioniste contre le Liban le 2 mars.
APS

