Les accidents se multiplient durant les fêtes : La Protection civile et le ministère de la Santé appellent à la vigilance
Chaque année, l’Aïd El-Adha s’accompagne d’une hausse des accidents domestiques et des urgences hospitalières. Coupures de couteaux, brûlures de gaz, intoxications alimentaires, traumatismes de la route : le bilan des fêtes du sacrifice est régulièrement alourdi par des incidents évitables. À trois jours de l’Aïd 2026, la Protection civile et le ministère de la Santé ont publié dimanche leurs consignes de prévention, couvrant aussi bien les risques liés au sacrifice qu’une maladie parasitaire silencieuse mais grave : le kyste hydatique.
Le communiqué de la Protection civile entre dans le détail pratique que les campagnes de prévention habituelles esquivent souvent. Sur l’affûtage des couteaux et hachoirs, l’institution recommande le port de « gants de protection et de lunettes de sécurité afin de prévenir les coupures et les blessures provoquées par les projections ou éclats métalliques ». Une précaution élémentaire, mais que peu observent dans la précipitation des préparatifs.
Sur la sécurité des enfants, la consigne est ferme : il ne faut « jamais laisser les couteaux, haches et autres objets tranchants à même le sol ou à la portée des enfants ». Les appareils de cuisson font l’objet d’une attention particulière : chalumeaux, tabounas à gaz, allumettes et briquets doivent être « bien entreposés », et le tuyau ainsi que le détendeur reliant la bouteille de butane à la tabouna doivent impérativement être vérifiés avant utilisation. Les intoxications au monoxyde de carbone et les incendies domestiques liés à des équipements défaillants restent une cause fréquente d’hospitalisations d’urgence pendant la fête.
La Protection civile aborde également la gestion des déchets, souvent négligée lors de ces journées de forte activité : les abats et déchets organiques doivent être « mis dans des sacs fermés et placés dans les bacs à ordures pour éviter l’engorgement des avaloires ». Les barbecues en extérieur sont tolérés, mais « jamais à l’intérieur ou à proximité des forêts ». Côté route, les consignes classiques sont rappelées avec insistance : respect du Code de la route, limitation de la vitesse, distance de sécurité, pauses obligatoires en cas de fatigue. Les motocyclistes sont particulièrement interpellés sur « la nécessité du port du casque ». En cas d’incident, les numéros vert 1021 et d’urgence 14 restent disponibles, avec demande de préciser « l’adresse exacte et la nature de l’incident ».
Le ministère de la Santé, de son côté, centre son communiqué sur un danger moins visible mais réel : le kyste hydatique, ou hydatidose. Cette maladie parasitaire est provoquée par la forme larvaire d’un ver, le ténia Echinococcus granulosus, qui se développe chez l’homme le plus souvent « au niveau du foie ou du poumon ». Elle constitue, rappelle le ministère, « un problème de santé publique » et se contracte principalement au contact des abats d’animaux infectés ou par l’intermédiaire de chiens porteurs du parasite.
La recommandation prioritaire est de faire contrôler l’animal sacrifié par un vétérinaire. Si ce contrôle n’est pas possible, le ministère conseille de « procéder avec précaution à un examen des abats — foie, poumons, cœur — et des autres viscères, à la recherche de kystes ou vésicules ». En cas de doute, la consigne est sans ambiguïté : « bouillir ou brûler les abats et autres viscères suspects et les enterrer à 50 centimètres de profondeur afin que les chiens ne les déterrent pas ». Il est formellement déconseillé de les abandonner dans la nature, de les jeter avec les ordures ménagères — ce qui en ferait une source d’alimentation pour les chiens errants — et surtout de « ne jamais donner les organes en question aux chiens, lesquels constituent un réservoir du parasite ».
Les gestes d’hygiène de base complètent le dispositif : se laver les mains avant et après les repas, laver les légumes avant consommation, se laver les mains après tout contact avec des animaux. Le ministère précise enfin que « durant cette fête religieuse, les structures de santé de proximité et les établissements de santé assureront le service », une information utile pour les familles qui auraient besoin d’une consultation rapide.
Chokri Hafed

