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Souk-Ahras en quête d’un nouveau souffle économique

Longtemps marquée par les séquelles de la désindustrialisation des années 1990, la wilaya de Souk-Ahras engage aujourd’hui une série d’initiatives pour relancer son économie : nouvelles zones d’activités, accompagnement des porteurs de projets et lancement de grands investissements industriels. Les autorités locales s’emploient à poser les fondations d’une renaissance économique en capitalisant sur les atouts agricoles, industriels et touristiques de la région. Après avoir subi de plein fouet les conséquences du déclin industriel des années 1990, la wilaya de Souk-Ahras tente aujourd’hui de renouer avec la croissance. Portée par une série de projets structurants et une volonté affirmée des pouvoirs publics de redynamiser l’investissement, cette région frontalière mise sur ses zones industrielles, son potentiel agricole et ses grands projets industriels pour retrouver sa place parmi les pôles économiques majeurs de l’Est du pays.

Le souvenir de l’âge d’or industriel demeure encore vivace à Souk-Ahras. Jadis, des unités emblématiques telles que la papeterie Papierosa, héritière de l’ex-Sonic, ou encore l’usine textile Elatex faisaient vivre des milliers de familles et constituaient de véritables locomotives économiques pour la région. Or, la fermeture progressive de ces entreprises au cours des années 1990 a profondément fragilisé le tissu socio-économique local. Plus de 2.000 emplois directs ont disparu, laissant derrière eux une situation marquée par le chômage, la précarité et le départ de nombreuses compétences vers d’autres wilayas. Plusieurs communes ont vu leur activité économique ralentir, tandis que les perspectives d’emploi se réduisaient considérablement. Une réalité dont les effets continuent de peser sur certaines localités de cette wilaya aux importantes ressources naturelles et humaines.

Une mobilisation des autorités pour attirer l’investissement

Conscientes de l’urgence de relancer la machine économique, les autorités locales ont engagé ces derniers mois une série d’actions visant à créer un climat favorable à l’investissement et à l’entrepreneuriat. Sous l’impulsion du wali Abdelkrim Zinaï, le développement économique figure désormais parmi les priorités de l’exécutif. Les visites de terrain se multiplient, tout comme les réunions de coordination avec les différents acteurs concernés, afin d’accélérer la concrétisation des projets et de lever les contraintes administratives qui freinent encore certains investisseurs. Cette démarche traduit une volonté claire de replacer l’économie productive au centre des préoccupations et de favoriser la création d’emplois durables, notamment au profit des jeunes diplômés.

Parmi les projets les plus ambitieux figure l’aménagement de la zone industrielle de M’daourouch, appelée à devenir l’un des principaux pôles économiques de Souk-Ahras. Avec ses 463 parcelles destinées à accueillir des activités industrielles et de services, cette infrastructure suscite de grands espoirs. Une partie importante du foncier sera réservée aux jeunes promoteurs de startups issus des universités et des centres de formation professionnelle, conformément à la stratégie nationale visant à encourager l’innovation et l’économie de la connaissance. Dans le même esprit, d’autres disponibilités foncières ont été identifiées au niveau des zones d’activités de Sidi Fredj, Oued Keberit et Bir Bouhouche, afin d’élargir les opportunités offertes aux investisseurs privés.

La relance économique de Souk-Ahras passe également par une meilleure valorisation de ses importantes ressources agricoles. Réputée pour ses vastes superficies céréalières, ses productions maraîchères ainsi que ses filières d’élevage, la wilaya dispose d’atouts considérables qui restent encore insuffisamment exploités, faute d’un tissu industriel de transformation suffisamment développé. Dans cette perspective, la zone industrielle de Bir Bouhouche apparaît comme un levier stratégique. Implantée sur une superficie de 18 hectares et située à proximité de plusieurs wilayas de l’Est, elle offre des conditions favorables à l’installation d’industries agroalimentaires capables de générer davantage de valeur ajoutée.

Au-delà de l’industrie et de l’agriculture, Souk-Ahras recèle un patrimoine historique et naturel de premier ordre. Terre de l’ancienne Thagaste, ville natale de saint Augustin, la wilaya dispose d’un potentiel touristique encore largement inexploité. Ses sites archéologiques, ses paysages montagneux et ses espaces forestiers constituent autant d’atouts susceptibles de contribuer à la diversification de l’économie locale. Le développement des infrastructures d’accueil et l’amélioration des services touristiques pourraient ainsi ouvrir de nouvelles perspectives pour les investisseurs et les opérateurs du secteur.

Le complexe phosphatier d’Oued Keberit, projet de tous les espoirs

Parmi les projets appelés à transformer durablement l’économie de la région, le complexe intégré d’engrais phosphatés d’Oued Keberit occupe une place centrale. Considéré comme l’un des plus importants projets industriels du pays, ce futur complexe comprendra treize unités intégrées dédiées à la valorisation des ressources minières nationales. Son entrée en activité devrait générer une dynamique économique sans précédent dans la wilaya et bien au-delà. Les retombées attendues concernent aussi bien la création de richesses que l’emploi. Des milliers de postes directs et indirects devraient être générés, offrant de nouvelles perspectives à une jeunesse longtemps confrontée au manque d’opportunités professionnelles. Le projet devrait également favoriser l’émergence d’un réseau de sous-traitance locale, attirer de nouveaux investissements privés et accélérer le développement des infrastructures dans plusieurs communes de la wilaya.

Longtemps confrontée aux conséquences de la désindustrialisation, Souk-Ahras semble aujourd’hui engagée sur la voie d’un renouveau économique progressif. Soutenue par une politique volontariste des autorités locales, la wilaya mise désormais sur la complémentarité entre industrie, agriculture, tourisme et grands projets structurants pour reconstruire un modèle de développement durable. Si les défis restent nombreux, les chantiers engagés et les investissements annoncés nourrissent l’espoir de voir cette région frontalière retrouver, à moyen terme, son statut de pôle économique incontournable de l’Est algérien.

Sofia Chahine

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