Préservation de Sidi El Houari : Oran relance la course contre la montre
La wilaya d’Oran vient d’activer de nouvelles mesures pour accélérer la réhabilitation du vieux quartier de Sidi El Houari, dont plusieurs bâtiments menacent ruine. Une commission de suivi est en cours d’installation, pendant que le dossier du Plan permanent de sauvegarde avance à un stade qu’on dit désormais avancé.
Ce n’est pas la première fois qu’Oran annonce des mesures pour sauver Sidi El Houari. Mais cette fois, les services de la wilaya ont mis des mots précis sur des urgences qui ne peuvent plus attendre. De nouvelles dispositions viennent d’être engagées dans le cadre du projet de relance et de restauration du quartier historique, avec en tête de liste le traitement des bâtiments menaçant ruine et la mise en sécurité des habitants qui y vivent encore.
Le quartier, ses ruelles, son bâti : tout ça est connu. Sidi El Houari est l’un des plus anciens quartiers d’Oran, marqué par les époques ottomane et espagnole, mais dont les immeubles se dégradent depuis des décennies. Des façades éventrées, des bâtisses étayées à la hâte, des familles qui vivent avec le risque d’effondrement sous les pieds. La restauration est annoncée depuis longtemps. Elle avance, mais pas assez vite.
Pour donner un coup d’accélérateur, une commission spéciale est en cours d’installation. Elle sera chargée d’assurer le suivi de la mise en œuvre du projet en lien avec le bureau d’études chargé du dossier et les différents organismes techniques concernés. Sa mission : diagnostiquer les constructions anciennes, évaluer les risques, fixer les priorités d’intervention.
La semaine dernière, une réunion de suivi a réuni les acteurs du dossier sous l’autorité du wali d’Oran, Brahim Ouchene. Celui-ci a insisté, selon les services de la wilaya, sur la nécessité d’adopter « une approche intégrée reposant sur l’identification et le classement des bâtiments fragilisés », ainsi que sur « la proposition de solutions techniques adaptées pour assurer la sécurité des habitants et préserver les monuments historiques que recèle Sidi El Houari. » On ne restaure pas un quartier comme on ravale une façade. Il faut d’abord savoir ce qui tient debout, et ce qui ne tient plus.
Sur le plan administratif, le dossier du Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé est décrit comme étant « à un stade avancé d’étude ». Le mois dernier, sa troisième phase a été présentée au siège de la Direction de la culture et des arts d’Oran, en présence des représentants des différents secteurs concernés. C’est une étape dans un processus long, technique, souvent invisible pour les habitants — mais qui conditionne tout ce qui suit. Au-delà de la sécurité immédiate, le projet a une ambition plus large. Il s’agit, selon la wilaya, de « promouvoir le patrimoine culturel et architectural de Sidi El Houari et de le réinscrire dans la dynamique touristique et économique de la ville. » Sidi El Houari abrite des mosquées, des bâtisses coloniales, des traces d’une ville qui fut longtemps carrefour méditerranéen. Tout ça est là, encore debout pour une bonne partie. Mais pas pour toujours, si rien n’accélère vraiment.
Mohand S.

