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Vente en ligne de médicaments : Les pharmaciens tirent la sonnette d’alarme !

Le Conseil national de l’ordre des pharmaciens d’Algérie (CNOP) a publié un communiqué mettant en garde les professionnels de santé contre la commercialisation de produits pharmaceutiques via les réseaux sociaux et les plateformes numériques, une pratique formellement interdite par la législation en vigueur et qui expose les patients à des risques sanitaires graves.

Le ton du texte est sans ambiguïté. Toute transaction commerciale portant sur des médicaments ou produits pharmaceutiques effectuée par voie électronique ou via les réseaux sociaux « est strictement prohibée » par la réglementation algérienne, rappelle le Conseil, dans un communiqué publié dimanche. Plus encore, ces circuits parallèles et non autorisés facilitent, selon lui, « l’introduction et la circulation de produits pharmaceutiques contrefaits, falsifiés, non enregistrés ou d’origine inconnue ». Des produits qui peuvent présenter des défaillances majeures en termes de qualité, de conditions de conservation, de composition ou d’efficacité thérapeutique, au détriment direct des malades.

La mise en garde vise aussi bien les pharmaciens d’officine que les directeurs techniques d’établissements pharmaceutiques. Le Conseil rappelle que leur « responsabilité professionnelle, éthique, civile et pénale demeure pleinement engagée » dès lors qu’ils participent, de quelque manière que ce soit, à la détention, à la promotion, à la distribution ou à la commercialisation de produits en dehors du cadre légal. Autrement dit, l’ignorance ou la négligence ne saurait constituer une circonstance atténuante.

Sur le fond, le CNOP formule des règles claires et sans exception. Aucun médicament ni produit pharmaceutique ne peut être dispensé, commercialisé ou promu s’il n’est pas inscrit sur la liste officielle des produits enregistrés et titulaires d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par les autorités compétentes. La promotion et la vente de médicaments via les réseaux sociaux, les plateformes numériques ou les applications mobiles sont « illégales » dès lors qu’elles s’effectuent en dehors des circuits réglementaires et des exigences de traçabilité pharmaceutique. La livraison de médicaments à domicile est, quant à elle, « strictement interdite » : seules les pharmacies et les services de pharmacie hospitalière sont habilités à dispenser des produits pharmaceutiques.

Le Conseil va plus loin en condamnant « avec la plus grande fermeté » toutes les pratiques susceptibles de porter atteinte à l’éthique de la profession, à la stabilité du marché du médicament, à la crédibilité de la pharmacie ou aux efforts des pouvoirs publics en matière de réglementation et de contrôle. Une formulation qui vise clairement les dérives observées sur les plateformes de vente en ligne et les groupes de discussion informels où circulent des produits sans garantie d’authenticité ni de traçabilité.

L’appel final s’adresse à l’ensemble de la corporation : le CNOP demande à tous les pharmaciens de « faire preuve de vigilance et de responsabilité », de respecter l’éthique professionnelle et de signaler immédiatement tout comportement suspect lié à la commercialisation illicite de produits pharmaceutiques. Dans un contexte où le commerce en ligne de médicaments se développe en dehors de tout cadre légal, la profession est invitée à faire bloc et à ne pas se laisser entraîner dans des pratiques qui, au-delà des sanctions encourues, peuvent coûter des vies.

Lyna Larbi

admin

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