Actualité

Formation professionnel : « Sanâa » : un été pour apprendre un métier

La ministre de la Formation professionnelle a annoncé dimanche le lancement d’un programme de formation estival baptisé « Sanâa » — « Métier » en arabe — destiné aux jeunes de 15 à 27 ans. Les inscriptions ont ouvert le jour même.

Nacima Arhab n’a pas choisi le nom au hasard. « Sanâa », c’est le mot qui désigne le savoir-faire artisanal, la compétence acquise par la main autant que par l’esprit. C’est aussi le pari que fait la ministre : offrir aux jeunes algériens un été utile, concret, orienté vers des métiers qui recrutent. Le programme, présenté dimanche lors d’une rencontre à Alger, ouvre des formations dans six spécialités — peinture en bâtiment, électricité, plomberie, soudure, froid et climatisation — dans les centres de formation professionnelle à travers le pays.

Les inscriptions ont débuté le 31 mai via une plateforme numérique dédiée et se poursuivront jusqu’au 4 juin. La formation elle-même démarre le 15 juin, pour une durée de quarante-cinq jours. Le calendrier est serré, volontairement : il s’agit de coller aux vacances scolaires, de capturer cette fenêtre d’inactivité que représente l’été pour proposer autre chose que l’oisiveté ou les petits boulots informels.

Arhab a insisté sur la philosophie qui sous-tend le dispositif. Il ne s’agit pas d’une formation académique supplémentaire, mais d’un cursus « basé sur la formation de terrain et l’accompagnement », selon ses propres termes. Pas de cours magistraux. Du pratique, du geste, de la répétition. La ministre a situé l’initiative dans le cadre d’une « vision stratégique » visant à « permettre aux jeunes de bénéficier d’une formation pratique, efficace et rapide dans des métiers et spécialités de plus en plus demandés ». Le sous-entendu est clair : le secteur du bâtiment et des travaux techniques souffre d’un manque chronique de main-d’œuvre qualifiée, et le système éducatif classique n’y répond pas.

L’enjeu va au-delà de l’été. Arhab a annoncé qu’un programme de formation complémentaire est en cours de préparation pour ceux qui souhaitent poursuivre après « Sanâa » lors de la rentrée de septembre — une filière parallèle à leur cursus scolaire ou professionnel existant. L’objectif déclaré : faciliter « l’insertion professionnelle, la réalisation de projets et la création de micro-entreprises ». Autrement dit, transformer une initiation estivale en point de départ d’une trajectoire économique.

Le programme cible les 15-27 ans, une tranche large qui inclut aussi bien l’adolescent désœuvré que le jeune diplômé qui cherche une reconversion partielle. Sur le papier, la logique tient. La question, comme souvent avec ce type de dispositifs, est celle du suivi. Une formation de 45 jours peut poser des bases. Elle ne fait pas un électricien ou un soudeur. Ce que la ministre appelle « ancrer la culture des métiers et des travaux manuels » est un travail de long cours — un changement de regard sur la filière professionnelle que ni l’école ni un programme estival ne peuvent accomplir seuls. Ce que « Sanâa » peut faire, en revanche, c’est ouvrir une porte. Donner à des milliers de jeunes un premier contact avec un métier, une compétence palpable, un certificat. Et pour certains d’entre eux, peut-être, une direction.

Malik Meziane

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *