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Nucléaire civil : L’Algérie veut muscler sa recherche scientifique

L’Algérie accélère sa montée en puissance dans le domaine de l’énergie nucléaire à usage pacifique. Signe de cette volonté politique affirmée, les ministères de l’Énergie et de l’Enseignement supérieur ont tenu, lundi à Alger, une réunion de coordination inédite consacrée au développement de la recherche scientifique dans ce secteur stratégique. Autour de la table, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Energies renouvelables, et Kamel Baddari, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le Commissaire à l’énergie atomique ainsi que des cadres et responsables des deux départements ont également pris part à cette rencontre, dont l’objectif affiché est de renforcer les synergies entre deux piliers essentiels de la politique scientifique nationale. Mourad Adjal a d’emblée rappelé le cadre dans lequel s’inscrit cette démarche. Le ministère de l’Énergie, a-t-il indiqué, « accorde une importance particulière aux dossiers prioritaires liés au développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire, conformément aux orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, notamment dans les domaines stratégiques, à leur tête la médecine ». Une référence explicite aux ambitions présidentielles dans un secteur où l’Algérie entend consolider ses capacités nationales, mais aussi compte sur le développement d’application dédiées à la médecine et au traitement du cancer.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de mobiliser les ressources que peut offrir l’enseignement supérieur. « La réalisation de ces objectifs requiert le renforcement de l’écosystème de la recherche scientifique et de la formation spécialisée, qui constituent deux piliers essentiels pour accompagner les évolutions scientifiques et technologiques dans ce domaine », a-t-il précisé, soulignant l’importance de garantir aux chercheurs et experts relevant du Commissariat à l’énergie atomique « un environnement scientifique et académique adéquat », propice à la valorisation de leurs travaux. De son côté, Kamel Baddari a salué cette vision et réaffirmé la disponibilité de son département à accompagner les initiatives visant à développer la recherche et la formation spécialisée dans les domaines liés à l’énergie nucléaire et à ses applications pacifiques. L’enjeu, selon lui, est de permettre aux chercheurs et à leurs encadrants de travailler « dans un cadre académique et scientifique propice à l’innovation et à la production du savoir ». Au terme des discussions, les deux parties ont arrêté une feuille de route commune. Elles sont convenues, selon le communiqué du ministère de l’Énergie, de « poursuivre la coordination et la concertation entre les deux secteurs, de réexaminer l’activité de recherche au niveau du Commissariat à l’énergie atomique et de lancer des études approfondies à ce sujet, tout en œuvrant à l’identification des mécanismes les plus à même de renforcer l’efficacité de la recherche scientifique et de l’inscrire dans un cadre optimal garantissant de meilleurs résultats au service des objectifs nationaux dans ce domaine stratégique ».

Samir Benisid

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