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Réforme du statut des inspecteurs du travail dès septembre : Le Gouvernement change de braquet

Le dispositif national de l’Inspection du travail va connaître, dès la rentrée de septembre, une refonte réglementaire d’ampleur touchant aussi bien le cadre juridique des inspecteurs régionaux que leur statut particulier, a annoncé dimanche à Alger le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, ouvrant la voie à une modernisation attendue depuis longtemps par les acteurs du secteur.

C’est en présidant l’ouverture des travaux de la rencontre nationale d’évaluation des services de l’Inspection générale du travail que le ministre a levé le voile sur ce calendrier. Il a fait état de « l’ouverture, à partir du mois de septembre prochain, de chantiers de réforme portant sur la révision du cadre réglementaire régissant les inspecteurs régionaux du travail, afin de consacrer le principe de justice et d’égalité des chances, outre la révision du statut particulier des inspecteurs du travail, en vue de l’adapter aux exigences de l’étape actuelle et de contribuer à l’amélioration du service public ». Une double réforme qui touche donc à la fois l’organisation territoriale de l’inspection et la carrière même des inspecteurs, deux chantiers longtemps réclamés par la profession pour harmoniser les pratiques d’une wilaya à l’autre et revaloriser un métier resté, ces dernières années, en décalage avec les mutations du monde du travail.

Pour justifier l’urgence de cette mise à niveau, M. Saihi s’est appuyé sur le bilan de l’année 2025, saluant au passage les efforts déployés sur le terrain par le corps des inspecteurs. Il a rappelé que l’Inspection du travail a mené « plus de 231.000 visites de terrain ayant concerné plus de 4 millions de travailleurs », un chiffre qu’il a qualifié de reflet d’« une dynamique soutenue de l’activité du dispositif de l’Inspection du travail ». Selon le ministre, ce volume d’interventions traduit également la volonté d’assurer le suivi de l’application de la législation du travail et d’accompagner les entreprises économiques, dans un contexte marqué, a-t-il précisé, par « le recul du nombre d’infractions et l’amélioration du niveau de conformité aux législations et réglementations en vigueur ».

Au-delà des chiffres, c’est une redéfinition du rôle même de l’inspecteur du travail que le ministre a tenu à mettre en avant. Il a insisté sur le fait que l’inspecteur « n’est pas uniquement une autorité répressive, mais également un partenaire et un accompagnateur de l’entreprise économique, jouant un rôle essentiel d’orientation, de conseil et d’accompagnement, dans un esprit de bonne foi ». Une approche, a-t-il ajouté, qui « permet d’améliorer le niveau de conformité aux lois et de surmonter les difficultés liées à la compréhension ou à l’application des textes juridiques »,une manière de rappeler que l’objectif n’est pas de multiplier les sanctions, mais de renforcer la culture du respect volontaire de la législation au sein du tissu économique.

Le ministre a par ailleurs érigé la santé et la sécurité au travail en axe stratégique de l’action de l’inspection, appelant à « ancrer la culture de prévention au sein des établissements pour limiter les accidents du travail », un enjeu de taille dans un pays où les accidents professionnels, notamment dans le BTP et l’industrie, demeurent une préoccupation récurrente des pouvoirs publics.

Sur le plan des moyens, M. Saihi a assuré que son département œuvre à « renforcer les moyens mis à la disposition des inspecteurs du travail, à travers la généralisation de la numérisation et l’adoption d’une politique de formation continue basée sur les aspects pratiques, l’amélioration des conditions de travail et la mise à disposition des moyens de prévention et de protection nécessaires à l’accomplissement des missions sur le terrain ». Il a également plaidé pour une actualisation permanente des connaissances des inspecteurs, expliquant que « les transformations économiques que connaît le pays nécessitent une actualisation permanente des connaissances des inspecteurs du travail, à travers l’élaboration d’un programme national de formation », en coordination avec des établissements spécialisés comme l’Ecole supérieure de la sécurité sociale (ESSS) et l’Institut national du travail (INT), tout en renforçant l’échange d’expertises aux niveaux national et international.

Signe de cette ouverture internationale, le ministre a enfin annoncé le lancement, à compter du 15 septembre 2026, d’un programme de formation destiné aux inspecteurs du travail de la République du Nigeria, une initiative présentée comme s’inscrivant dans le cadre du « renforcement de la coopération internationale et de la valorisation de l’expérience algérienne dans le domaine de l’inspection du travail ».

Samir Benisid

Lancement d’une campagne nationale de sensibilisation contre le travail informel

Les activités de la campagne nationale de sensibilisation contre « la lutte contre le travail informel » ont été lancées dimanche, pour se poursuivre jusqu’au 26 juillet courant, a indiqué un communiqué de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS). Organisée sous l’égide du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, cette campagne se déroule sous le slogan « La déclaration des travailleurs auprès de la Sécurité sociale : un devoir légal… et une consécration d’un droit constitutionnel ». L’initiative est portée par la CNAS, en coordination avec l’Inspection générale du travail, et avec la participation des organismes sous tutelle, à savoir la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés (CASNOS), la Caisse nationale des retraites (CNR), la Caisse nationale des congés payés et du chômage-intempéries des secteurs du bâtiment, des travaux publics et de

R.N.

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