Politique

Législatives 2026 : Le RND revendique une « large victoire », Bengrina appelle à cesser la « diabolisation des partis »

Au lendemain de la proclamation, samedi, par la Cour constitutionnelle des résultats définitifs des élections législatives du 2 juillet 2026, plusieurs formations politiques ont réagi ce dimanche lors de conférences de presse, livrant leurs premières lectures du scrutin. Pendant ce temps, le processus institutionnel entre déjà dans sa phase suivante soit l’installation de la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN).

Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Monder Boudène, a qualifié son parti de « grand vainqueur » des élections législatives, lors d’une conférence de presse animée ce dimanche au lendemain de l’annonce des résultats définitifs. Il a ainsi rappelé que le RND a réalisé une progression notable, passant de 58 à 74 sièges à l’Assemblée populaire nationale. Le patron du RND n’a pas caché que ses ambitions allaient au-delà de la deuxième place, affirmant avoir œuvré à « obtenir des résultats solides et à porter les aspirations des citoyens ». « Nous saluons ces résultats et les considérons comme une victoire importante pour le Rassemblement national démocratique », a-t-il déclaré.

Concernant la représentation féminine au sein du parti, Boudène a indiqué que six femmes avaient été élues, contre une seule lors de la mandature précédente, précisant en outre que plus de 60 % du groupe parlementaire du RND sont des députés de moins de 45 ans.

De son côté, le président du Mouvement El-Bina, Abdelkader Bengrina, a insisté sur la nécessité de « cesser de diaboliser les partis politiques », mettant en garde contre les dérives et conséquences de ce type de discours. S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée après l’annonce des résultats définitifs des législatives, Bengrina a estimé qu' »il incombe à tous de cesser de tenir un discours de diabolisation à l’égard des partis », alertant sur « les dangers d’un discours qui alimente la haine des partis sans en mesurer les conséquences ». Il a affirmé que « les partis politiques constituent l’un des piliers de la stabilité des États à régime républicain et démocratique, et les prendre pour cible affaiblit l’immunité de l’État, laisse un vide dangereux menaçant la cohésion sociale, prive le pouvoir de l’un des outils d’encadrement de la société, et prive l’État des moyens de construire et de renouveler ses institutions ». Le chef du parti a ajouté que « notre pays traverse aujourd’hui une nouvelle étape politique qui exige de renouveler l’esprit de partenariat et de coopération, au lieu d’une logique de mainmise ou de partage étroit du pouvoir entre partis ». « Les défis économiques, sociaux et souverains actuels nous imposent de bâtir un front national qui s’accorde sur les grandes questions, et de reporter les querelles partisanes secondaires », a-t-il poursuivi.

Évoquant certains phénomènes qu’il a qualifiés d' »inquiétants » ayant entaché le processus électoral, le président d’ El-Bina a estimé que « la responsabilité nationale exige de nous tous de poursuivre l’assainissement de la scène politique et de saluer la fermeté envers quiconque tenterait de falsifier la volonté des électeurs, tout en renforçant et en développant les dispositions de la ‘charte de l’action électorale' ».

La nouvelle APN installée d’ici le 2 août

Avec la proclamation des résultats définitifs, le processus électoral entre dans une seconde phase, celle de la mise en place effective de la nouvelle Assemblée populaire nationale, encadrée par la Constitution, la loi organique n° 16-12 relative au régime électoral (modifiée et complétée) et le Règlement intérieur de l’APN validé par la Cour constitutionnelle.

Conformément aux délais réglementaires, la nouvelle assemblée se réunit de plein droit le quinzième jour suivant la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, soit le 2 août. C’est le président de la République qui formalise cette convocation par décret présidentiel. La séance d’installation sera présidée par le doyen d’âge des députés, assisté des deux plus jeunes élus de la nouvelle législature.

Hocine Fadheli

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