OPEP+ : Vers une nouvelle hausse de production en juillet
Réunis dimanche en visioconférence, sept membres de l’alliance OPEP+ concernés par les coupes volontaires devraient valider une augmentation supplémentaire de leur quota, alors que la guerre en Iran a paralysé les exportations du Golfe depuis plusieurs semaines. Selon trois sources concordantes citées par Reuters, sept membres de l’OPEP+ s’apprêtent à relever leur objectif de production de 188 000 barils par jour supplémentaires pour juillet. La réunion ministérielle est prévue dimanche sous format virtuel. Aucune décision finale n’a été prise au moment de la publication, ont précisé les mêmes sources, toutes sous couvert d’anonymat.
Ce relèvement serait identique à celui acté pour juin, lui-même ajusté à la baisse depuis les 206 000 bpj initialement prévus pour tenir compte du départ des Émirats arabes unis, annoncé fin avril. L’EAU était membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole depuis près de soixante ans. Leur sortie, en mai, est venue compliquer une équation déjà difficile.
Sur le papier, les sept membres concernés — l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït, l’Algérie, le Kazakhstan, la Russie et Oman — ont augmenté leur production cumulée de près de 600 000 barils par jour entre avril et juin, dans le cadre du démantèlement progressif d’une coupe volontaire de 1,65 million de bpj décidée en 2023 par les huit membres alors présents. Sur le terrain, c’est une autre affaire. La production du groupe s’est effondrée : en avril, l’OPEP+ ne pompait en moyenne que 33,19 millions de bpj, contre 42,77 millions en février, selon les chiffres internes de l’organisation. La cause directe est la fermeture du détroit d’Ormuz, consécutive à la guerre déclenchée par l’agression américano-israélienne contre l’Iran. Ce verrou maritime, par lequel transitent ordinairement environ 20 % des exportations mondiales de brut, reste bloqué depuis plusieurs semaines. Les producteurs du Golfe — membres de l’Opep — se trouvent dans l’impossibilité matérielle d’acheminer leur pétrole vers les marchés internationaux. Relever les quotas dans ces conditions relève davantage de la gestion d’image que de la politique de l’offre.
Un signal de normalité
C’est précisément l’enjeu de la réunion de dimanche. Maintenir le rythme mensuel des hausses, même symboliques, permet à l’OPEP+ d’afficher une continuité de fonctionnement malgré les turbulences. La sortie des Émirats n’a pas désorganisé le groupe. La guerre en Iran, qui a vidé de son contenu les décisions prises depuis le printemps, n’a pas non plus conduit à une suspension du mécanisme. L’organisation tient à montrer qu’elle gère la situation. D’après les calculs de Reuters, à partir de juillet, les sept membres auront encore environ 567 000 bpj de réductions à réintégrer progressivement dans le marché, en tenant compte du départ de l’EAU au 1er mai. Si le groupe maintient des hausses mensuelles de 188 000 bpj en août et en septembre, l’ensemble des coupes décidées en 2023 seraient théoriquement résorbées d’ici la fin du troisième trimestre. Un scénario plausible sur le papier, mais largement tributaire de l’évolution du conflit régional.
En marge des décisions à venir, des délégués de l’OPEP se sont retrouvés lundi et mardi à Vienne pour des réunions techniques et des présentations de suivi. Deux autres réunions ministérielles de l’OPEP+, également prévues le 7 juin, ne devraient déboucher sur aucun changement de politique, selon les mêmes sources. La politique d’ensemble du groupe resterait donc inchangée pour l’instant, les ajustements mensuels des sept membres constituant le seul levier activé.
Sabrina Aziouez

