De la Protection civile aux mosquées : Un pays mobilisé pour ses candidats
Les épreuves du baccalauréat s’ouvrent dimanche sur l’ensemble du territoire national. Derrière ce rendez-vous que des centaines de milliers d’élèves abordent avec appréhension, une mobilisation intersectorielle inhabituelle s’est organisée ces dernières semaines. Six ministères, la Protection civile, le Croissant-Rouge algérien et Sonelgaz ont chacun publié leurs dispositifs respectifs, composant un tableau d’ensemble qui dépasse largement les contours d’une organisation scolaire ordinaire.
Le cadrage général est venu samedi du ministère de l’Intérieur. Dans un communiqué, le département de Saïd Sayoud a indiqué que « toutes les dispositions organisationnelles, logistiques et humaines » avaient été prises « en application des instructions du ministre visant à réunir les conditions nécessaires à la réussite de cette importante échéance éducative nationale ». « Une série de réunions de coordination a été tenue et des visites de terrain ont été effectuées pour s’enquérir de l’état de préparation des centres d’examen, d’hébergement et de restauration », précise le texte. Le ministère promet par ailleurs que « le suivi de terrain se poursuivra tout au long de la période des examens ».
Sur le volet sécuritaire, la Direction générale de la Protection civile avait annoncé dès le 3 juin la mise en place d’un « dispositif préventif et opérationnel intégré ». Les chiffres sont précis : « près de 8 000 agents d’intervention de différents grades, appuyés par 588 ambulances et 292 engins anti-incendie » sont déployés. Une « présence permanente et continue » est assurée dans chaque centre d’examen, complétée par des « cellules de veille et de suivi en temps réel » installées au niveau des daïras. Le Centre national d’impression des sujets bénéficie, lui, d’un dispositif de sécurisation actif depuis un mois, maintenu jusqu’à la fin de la session.
Du côté de l’énergie, Sonelgaz n’a pas attendu le coup d’envoi des épreuves. Le groupe a déployé 685 équipes d’intervention dans l’électricité et 618 dans le gaz — plus de 1 300 équipes au total, réparties sur l’ensemble du territoire. 198 agents sont mobilisés aux centres d’appels pour recevoir les signalements. Depuis samedi et jusqu’au 11 juin, 936 cadres et agents assurent une permanence au niveau de la direction générale et des pôles régionaux. Des opérations de maintenance préventive des réseaux et des installations sensibles ont par ailleurs été menées en amont.
Plusieurs secteurs se sont également organisés pour accueillir les candidats entre les épreuves. Le ministère des Affaires religieuses a ouvert mosquées, salles de prière et écoles coraniques situées à proximité des centres d’examen. Ces lieux proposent « des espaces aménagés pour la révision et le repos, avec un accompagnement moral et un encadrement assuré par des imams et des mourchidate », ainsi que « des boissons et des collations ». Le ministère de la Jeunesse a, de son côté, mobilisé les maisons et auberges de jeunes disséminées sur tout le territoire, avec pour objectif d’« assurer des espaces propices à la révision, au repos et au soutien psychopédagogique ». Des cellules d’écoute et des dispositifs de prévention sanitaire y sont prévus.
Le Croissant-Rouge algérien a lancé une campagne nationale s’appuyant sur l’ensemble de ses comités de wilayas. L’organisation assure la distribution d’eau, de boissons et de collations devant les centres, la mise à disposition de « moyens de transport gratuits vers les centres d’examen dans certaines régions », et le déploiement de « cellules d’accompagnement psychologique, encadrées par des bénévoles qualifiés ». Plusieurs comités ont ouvert leurs sièges aux candidats, leur offrant des « espaces propices au repos, aux révisions et à la concentration » pendant toute la durée des épreuves.
Forces de l’ordre, services de secours, énergéticien national, organisations humanitaires, institutions religieuses : tous sont mobilisés pour soutenir les candidats.
Chokri Hafed

