Les candidats appelés à désigner un trésorier et à ouvrir un compte de campagne : La mécanique électorale s’enclenche
À 48 heures du lancement officiel de la campagne électorale, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a mis en ordre les derniers rouages administratifs. Samedi, l’autorité a adressé aux listes de candidats — partis politiques et listes indépendantes dont les dossiers ont été acceptés — une instruction formelle : désigner un trésorier de campagne et ouvrir un compte bancaire dédié au financement électoral. La campagne s’ouvre mardi 9 juin et court sur vingt et un jours, jusqu’au 29 juin, soit trois jours avant le scrutin du 2 juillet.
L’injonction de l’ANIE s’appuie sur un cadre juridique précis. Le communiqué cite le décret présidentiel 26-145 du 4 avril 2026 portant convocation du corps électoral, ainsi que les articles 97 et 99 de l’ordonnance 21-01 du 10 mars 2021 relative au régime électoral. Sur cette base, l’autorité « invite les listes de candidats sous l’égide des partis politiques et les listes indépendantes ayant été notifiées de la décision d’acceptation de leur dossier, à présenter, par l’intermédiaire du candidat mandataire, une déclaration écrite, accompagnée de l’accord écrit du trésorier, au coordinateur de wilaya de l’ANIE ou au coordinateur de l’Autorité auprès de la représentation diplomatique ou consulaire à l’étranger, selon le cas, portant désignation officielle du trésorier de la campagne électorale ».
La désignation du trésorier n’est que la première étape. Dès le dépôt de la déclaration, ce dernier est tenu d’« ouvrir un compte bancaire unique auprès de l’un des établissements bancaires agréés » — ou auprès d’une banque correspondante algérienne pour les listes candidates dans les circonscriptions de la diaspora. Le trésorier devra ensuite « transmettre les informations relatives à ce compte bancaire à la Commission de contrôle du financement de la campagne électorale, par le biais du coordinateur de wilaya ou du coordinateur de l’Autorité indépendante auprès de la représentation diplomatique ou consulaire à l’étranger, selon le cas ». Le circuit est ainsi tracé : chaque dinar dépensé pendant la campagne devra transiter par ce compte unique, soumis au contrôle d’une commission spécialisée.
Ce dispositif de traçabilité financière s’inscrit dans une séquence électorale qui s’accélère. Samedi également, le tirage au sort pour la répartition des créneaux d’expression directe dans les médias publics audiovisuels a été effectué à Alger. Les listes connaissent désormais leur ordre de passage et leurs plages horaires sur les chaînes de télévision et les stations de radio nationales — un accès encadré, équitable en droit, que les états-majors de campagne étudieront avec attention.
Le président par intérim de l’ANIE, Karim Khelfane, avait annoncé mardi dernier la date du 9 juin pour l’ouverture officielle de la campagne. Le calendrier est donc serré : entre la désignation des trésoriers, l’ouverture des comptes, la notification à la commission de contrôle et les premiers meetings, les formations politiques disposent de peu de marge pour s’organiser. Pour les listes indépendantes, moins rodées aux exigences administratives du droit électoral, la contrainte est d’autant plus réelle. Le scrutin du 2 juillet devrait désigner les occupants des 422 sièges de l’Assemblée populaire nationale. Un nombre qui a augmenté dans le sillage de la création de 11 nouvelle wilayas et l’adoption en avril 2026 d’un nouveau projet de loi définissant les circonscriptions électorales et la répartition des sièges pour s’adapter à l’évolution de l’organisation territoriale du pays.
Hocine Fadheli

