Économie

OPEP+ : Engagement réaffirmé envers la Déclaration de coopération

Les producteurs de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés non-Opep se sont réunis dimanche en vision conférence pour deux rencontres aux enjeux centrés sur la stabilité du marché pétrolier. La première, la 41e réunion ministérielle de l’Organisation, a rassemblé l’ensemble des pays participants à la Déclaration de coopération. La seconde, plus restreinte, a réuni les sept pays — Arabie saoudite, Russie, Irak, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman — qui appliquent depuis avril 2023 des ajustements volontaires de leur production. Les deux réunions ont livré des messages convergents : stabilité du cadre institutionnel, réintroduction progressive des volumes coupés, et discipline collective affirmée. Mais elles se déroulent dans un contexte qui a changé : depuis le 1er mai, les Émirats arabes unis ont quitté l’organisation que l’OPEP+ s’applique à dépasser.

Le communiqué de la réunion plénière est bref et ferme. Les pays participants ont réaffirmé «le cadre de la Déclaration de coopération, signée le 10 décembre 2016», ainsi que les niveaux de production globale convenus lors de la 38e réunion ministérielle, valables jusqu’au 31 décembre 2026. Ils ont également confirmé le mandat du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), chargé de surveiller les conditions du marché, les niveaux de production et le respect des engagements, avec une réunion toutes les deux semaines. La prochaine réunion plénière est fixée au 29 novembre 2026.

Le communiqué insiste par deux fois sur un point précis : «l’importance critique du respect intégral des engagements et du mécanisme de compensation». Une formulation qui vise les pays en dépassement de quota — l’Irak et le Kazakhstan ont été mis en cause à plusieurs reprises ces derniers mois pour des surproductions récurrentes. L’organisation signale aussi qu’elle travaille à l’évaluation des capacités maximales de production durables de chacun de ses membres, données qui serviront de référence pour les niveaux de production de 2027.

188 000 barils de plus en juillet

La réunion des sept pays concernés par les coupes volontaires a produit une décision plus opérationnelle. Le groupe a validé une nouvelle tranche de réintroduction des volumes coupés depuis 2023 : 188 000 barils par jour supplémentaires seront remis sur le marché à partir de juillet 2026. Pour l’Algérie, la hausse collective se traduit, comme pour le mois de juin, par un ajustement de l’ordre de 6 000 barils par jour, portant sa production totale à environ 995 000 barils par jour selon les données de l’organisation.

Le communiqué précise que cette réintroduction «peut être inversée en partie ou en totalité en fonction de l’évolution des conditions du marché». Les sept pays «se réservent la pleine flexibilité» d’accélérer, suspendre ou annuler la sortie des coupes volontaires, y compris celles annoncées en novembre 2023. Ils confirment en outre leur intention de compenser intégralement les volumes produits en excès depuis janvier 2024, avec une période de compensation prolongée jusqu’à fin décembre 2026. Ces réunions mensuelles se poursuivront : la prochaine est fixée au 5 juillet.

La décision intervient dans un marché sous haute tension. La fermeture du détroit d’Ormuz, conséquence directe du conflit américano-israélien avec l’Iran, bloque depuis le 28 février une part significative des exportations pétrolières du Golfe. Le Brent se maintenait à 93,09 dollars. Il est environ un dollar plus cher qu’une semaine auparavant. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, a perdu 2,69% à 90,54 dollars. En 2023, le cartel avait lutté contre la baisse des cours du brut en recourant à des « coupes volontaires » de sa production, avant d’injecter progressivement des barils supplémentaires sur le marché à partir d’avril 2025.

Cependant, les capacités de production qui demeurent non exploitées sur le marché pétrolier sont actuellement concentrées dans les pays du Golfe, dont les exportations et la production ont été drastiquement réduites à cause du blocage du détroit d’Ormuz, depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Samira Ghrib

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