Monde

Ghaza : L’ONU alerte sur l’effondrement humanitaire

Le Sous-secrétaire général des Nations unies aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, a tiré la sonnette d’alarme jeudi soir devant le Conseil de sécurité sur la détérioration persistante de la situation humanitaire dans la bande de Ghaza, exhortant la communauté internationale à intensifier son soutien financier et ses pressions diplomatiques pour permettre l’acheminement d’une aide à la hauteur des besoins, alors qu’un nouveau bilan communiqué samedi par les autorités sanitaires palestiniennes fait état de 73 023 martyrs et 173 316 blessés depuis le 7 octobre 2023. Intervenant à la demande des dix membres non permanents du Conseil, le haut responsable onusien a fait état d’une légère amélioration du taux de familles souffrant de la faim, passé de 92 % à 36 %, tout en insistant sur le fait que les Palestiniens de Ghaza demeurent privés de leurs besoins les plus élémentaires. Des civils continuent d’être tués et mutilés quotidiennement sous l’effet de frappes aériennes, de bombardements et de tirs d’armes à feu, a-t-il précisé, qualifiant à nouveau Ghaza d’endroit le plus dangereux au monde pour l’acheminement de l’aide et pour ceux qui s’y consacrent. Selon Fletcher, près de 600 travailleurs humanitaires ont péri en un peu plus de trois ans à Ghaza, soit plus de la moitié du total mondial, qui dépasse aujourd’hui le millier. Le responsable onusien a décrit la situation des habitants entassés sur une bande de terre toujours plus exiguë, soumis à la réalité humiliante de lignes de démarcation mouvantes qui redessinent en permanence leurs zones de refuge. 70% de la population a besoin d’un abri convenable, a-t-il ajouté, tandis que les services de base sont au bord de l’effondrement. L’Organisation mondiale de la Santé signale qu’aucun hôpital n’est aujourd’hui pleinement opérationnel dans l’enclave, et l’UNICEF alerte sur l’accès quotidien à l’eau, devenu précaire pour 1,1 million d’enfants. Fletcher a également pointé les pénuries de générateurs, d’huile moteur et de pièces détachées, qui obligent les habitants à recourir à des solutions de fortune coûteuses, comme le transport d’eau par camion sur de longues distances ou des évacuations médicales rendues plus complexes encore.

Sur le terrain, le bilan humain continue de s’alourdir. Les autorités sanitaires de Ghaza ont fait état samedi de cinq nouveaux martyrs et 43 blessés transférés vers les hôpitaux au cours des dernières quarante-huit heures, précisant que de nombreuses victimes demeurent encore sous les décombres ou le long des routes, hors de portée des secours. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier, 1 012 Palestiniens sont tombés en martyrs et 3 208 autres ont été blessés, tandis que les corps de 784 martyrs ont pu être récupérés, selon la même source.

L.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *