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La trêve à l’épreuve des frappes sionistes contre le Liban : L’Iran ferme le détroit d’Ormuz

Au moins seize personnes sont tombées en martyres et douze autres ont été blessées samedi dans de nouvelles frappes sionistes sur la région de Nabatiyé, au sud du Liban, a annoncé la Défense civile libanaise, alors que l’Iran a réagi en annonçant la fermeture du détroit d’Ormuz à toute navigation. Des attaques israéliennes qui mettent en péril l’accord de cessation des hostilités signé quelques jours plus tôt entre Téhéran et Washington.

Les équipes de secours, mobilisées dès les premières heures de la matinée dans le district de Nabatiyé, ont transporté seize morts et douze blessés vers les hôpitaux de la région, a précisé l’organisme dans un communiqué. Une vingtaine de bombardements ont été recensés samedi dans l’est et le sud du pays, selon l’agence nationale d’information libanaise (ANI), qui avait déjà fait état dans la nuit de cinq tués lors de frappes aériennes et d’attaques de drones. Ces agressions se poursuivent malgré l’annonce, vendredi, d’un cessez-le-feu entre le Liban et l’entité sioniste. La veille, les bombardements avaient été particulièrement meurtriers. 83 personnes sont tombées en martyres et 141 autres ont été blessées vendredi, dont plusieurs enfants et femmes, selon un bilan communiqué samedi par le Centre des opérations d’urgence sanitaire du ministère libanais de la Santé. Les victimes ont été recensées notamment à Kfarsir, Kfarman, Touline, Jabchit et dans plusieurs villages de Nabatiyé. Depuis le début de l’agression sioniste contre le Liban, le 2 mars dernier, le bilan s’élève désormais à plus de 4 000 martyrs et 12 121 blessés.

Cette flambée de violence est intervenue quelques heures à peine après l’annonce d’une trêve entre l’entité sioniste et le Hezbollah, censée s’inscrire dans le sillage du protocole d’accord irano-américain conclu mercredi pour mettre fin aux hostilités dans l’ensemble de la région, y compris au Liban. Le mouvement pro-iranien a accusé l’entité sioniste d’être « totalement responsable » des violations de la trêve, dénonçant une « agression à part entière » et une « tentative évidente de saboter » l’accord entre Téhéran et Washington. Le Hezbollah a recensé plus de 300 attaques depuis vendredi matin, dont 180 rien que samedi, sur une vingtaine de localités, pour un bilan de 111 martyrs depuis le début de cette nouvelle escalade. L’armée libanaise a, de son côté, accusé les frappes sionistes de viser « clairement » à empêcher le retour de la stabilité dans la région.

C’est dans ce contexte que la marine des gardiens de la révolution iranienne a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, prévenant que tout navire qui s’en approcherait verrait sa sécurité « mise en danger ». Téhéran a justifié cette mesure par la poursuite des attaques sionistes contre le sud du Liban et par ce qu’il qualifie de « violation manifeste » par Washington de la première clause de l’accord de fin de guerre. Le ministère iranien des Affaires étrangères a également haussé le ton, prévenant que l’ensemble du protocole d’accord avec Washington serait « en danger » si ses dispositions n’étaient pas appliquées rapidement. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a insisté sur le fait que Téhéran avait respecté ses engagements et que la partie américaine devait désormais contraindre Israël à cesser son offensive au Liban, sous peine de voir l’Iran « répondre par les mesures nécessaires ».

Du côté américain, le commandement militaire pour le Moyen-Orient (CentCom) a affirmé que le trafic maritime commercial dans le détroit s’était au contraire intensifié samedi, avec le passage de 55 navires marchands transportant plus de 17 millions de barils de pétrole à destination des marchés mondiaux. Le commandement a néanmoins indiqué que les forces américaines restaient « présentes et vigilantes afin de garantir que tous les aspects de l’accord avec l’Iran soient respectés, observés et pleinement en vigueur ».

Sur le plan diplomatique, des pourparlers techniques doivent réunir dimanche à Bürgenstock, en Suisse, des représentants américains et iraniens, en présence de négociateurs pakistanais et qataris, médiateurs de l’accord. L’envoyé américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi s’y trouvent déjà, tout comme Jared Kushner, gendre du président américain, selon plusieurs médias. Le vice-président américain J. D. Vance a annoncé s’attendre à se rendre lui aussi « dans les prochains jours » en Suisse, où Berne assure continuer d’offrir un « cadre discret et fiable » aux discussions. Téhéran a quant à lui annoncé l’envoi d’une délégation chargée d’exiger « le respect des engagements » pris par Washington, prévenant qu’à défaut, l’Iran « répondra par les mesures nécessaires ».

Au Liban, où la population du Sud continue de payer le plus lourd tribut, le président Joseph Aoun avait dénoncé dès vendredi « une escalade dangereuse et condamnable », estimant que ces frappes s’attaquaient à « tous les efforts en cours » pour consolider la trêve, en particulier à la lumière des récents développements entre Washington et Téhéran.

Lyes Saïdi

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