Mine de Gara Djebilet : Djellaoui maintient la pression sur les infrastructures
Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a présidé samedi à Alger une réunion de coordination consacrée au suivi des infrastructures ferroviaires accompagnant le projet d’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet, à Tindouf, au moment même où l’unité de traitement primaire du minerai approche les dernières semaines avant sa mise en service. La rencontre, qui s’est tenue en présence de cadres centraux des ministères des Travaux publics, de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, ainsi que du directeur général de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF) et de représentants de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), a porté sur l’état d’avancement des lignes Béchar–Gara Djebilet et Béchar–Oran, déjà réalisées et désormais soumises à un travail de consolidation technique. Les participants ont examiné les dispositifs censés renforcer les capacités de transport du futur trafic minier, notamment les systèmes de signalisation et de télécommunications, ainsi que les équipements finaux liés au plan de transport du minerai de fer. Le ministère a également passé en revue la situation de plusieurs sections et raccordements ferroviaires sur des axes jugés stratégiques pour le projet.
« La nécessité de poursuivre un suivi de terrain rigoureux et de lever l’ensemble des obstacles techniques et administratifs susceptibles de freiner l’avancement des travaux », a insisté M. Djellaoui, qui a appelé à renforcer la coordination entre les différents secteurs et organismes concernés et à accélérer le rythme de réalisation, afin de garantir le parachèvement des infrastructures liées à ce projet dans les délais fixés, selon un communiqué du ministère.
Cette mobilisation autour du volet ferroviaire intervient à un moment charnière pour le mégaprojet. À Tindouf, l’unité de traitement primaire du minerai de fer relevant de la Société nationale de la sidérurgie Feraal a en effet franchi un seuil décisif, avec un taux d’avancement dépassant désormais les 95%, selon les constats faits sur place la semaine dernière par la secrétaire d’État auprès du ministre des Mines et des Industries minières, Karima Bakir Tafer, lors d’une visite de travail dans la wilaya. Les responsables du projet lui ont confirmé l’achèvement de la quasi-totalité des travaux, ainsi que la conduite des premiers tests de fonctionnement de l’installation, menés après l’achèvement des opérations de montage et la mise sous tension électrique du site. Les essais de marche à vide ont déjà été réalisés, avant le passage à des tests en charge, dernière étape avant le démarrage progressif de l’exploitation effective.
Le verrou logistique principal a certes déjà été levé avec la mise en service, le 1er février 2026, de la ligne ferroviaire de près de 1 000 km reliant Gara Djebilet à Béchar, construite par le groupement chinois CRCC en partenariat avec des entreprises algériennes. Mais la finalisation des systèmes de signalisation, de télécommunications et des équipements liés au transport du minerai conditionne désormais la capacité réelle du réseau à absorber les volumes annoncés. Les ambitions affichées donnent la mesure de l’enjeu. L’unité de Tindouf doit traiter dans un premier temps jusqu’à 4 millions de tonnes, une seconde unité similaire étant programmée dans la première phase du projet, qui doit se poursuivre jusqu’en 2032. À Béchar, l’usine lancée en partenariat avec le groupe turc Tosyali et Feraal doit produire d’abord 4 millions de tonnes de concentré, puis 6 millions de tonnes de pellets, pour une capacité totale visée de 10 millions de tonnes. Naâma, de son côté, sera dédiée à des produits à plus forte valeur ajoutée, directement utilisables par la sidérurgie nationale ou destinés à l’exportation. La ligne Béchar–Oran, justement mise en avant lors de la réunion de samedi, doit permettre d’acheminer le minerai traité vers le complexe sidérurgique Tosyali d’Oran, premier destinataire annoncé de la production de Gara Djebilet.
Le projet avait été relancé lors des Conseils des ministres de novembre 2025, lorsque le président Abdelmadjid Tebboune avait ordonné le démarrage de l’exploitation locale du minerai dès le premier trimestre 2026, qualifiant l’opération de première du genre depuis l’indépendance. Le Conseil des ministres avait dans la foulée approuvé la création de nouvelles usines de traitement à Tindouf, Béchar et Naâma, formant avec Gara Djebilet un même ensemble industriel intégré couvrant les trois wilayas.
Avec des réserves estimées à 3 milliards de tonnes face à des importations algériennes de minerai de fer avoisinant les 10 millions de tonnes par an, Gara Djebilet est appelé à alimenter à terme les principaux complexes sidérurgiques du pays, dont Tosyali, El Hadjar et Bellara.
Amar Malki

