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Le PPI entame sa phase opérationnelle : Un projet stratégique qui entre dans le concret

La cadence s’accélère, sur le mégaprojet de phosphate intégré, pierre angulaire de la stratégie nationale de souveraineté économique.

Le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a inspecté samedi l’avancement des travaux de préparation à l’exploitation de la mine de phosphate de Bled El Hadba, près de Bir El Ater, dans la wilaya de Tébessa, confirmant l’entrée en phase opérationnelle de l’un des projets miniers les plus stratégiques du pays. Sur place, le ministre a reçu des explications détaillées sur l’état d’avancement de ce chantier lancé en octobre 2024, qui consiste à éliminer les couches stériles recouvrant le gisement et à préparer le terrain pour l’extraction du minerai brut. Une étape technique mais déterminante, qui conditionne tout le calendrier de mise en production du site.

Un calendrier de production déjà fixé

Les données communiquées sur le terrain dessinent une trajectoire précise. La première phase d’exploitation doit livrer 3,5 millions de tonnes de phosphate, dont 2,5 millions destinées à l’unité de Bled El Hadba elle-même, où s’opéreront la valorisation et l’enrichissement du minerai d’ici la fin de l’année 2026. À ce jour, environ 1,5 million de tonnes de couches stériles ont été retirées et un million de tonnes de phosphate brut ont déjà été extraites, un bilan que les responsables du projet jugent conforme aux prévisions. Ils annoncent toutefois une accélération du rythme des travaux dès le second semestre 2026, avec l’objectif de réunir l’équivalent de 4 millions de tonnes de phosphate brut avant la fin du deuxième trimestre 2027 — un volume qui couvrirait, selon eux, la quasi-totalité des besoins annuels des unités de valorisation.

Au-delà de cette première phase, les responsables de la Société des mines de phosphate (SOMIPHOS) ont présenté au ministre le plan d’exploitation global du gisement, dont la capacité de production doit atteindre 10 millions de tonnes par an. L’objectif affiché est de produire 6 millions de tonnes de phosphate enrichi annuellement, destinées à une transformation locale au sein du pôle industriel de Oued Kebrit, dans la wilaya voisine de Souk Ahras, actuellement en cours de réalisation. L’excédent, lui, sera commercialisé dans le cadre du projet de phosphate intégré.

Ce projet, qui s’étend sur les wilayas de Tébessa, Souk Ahras et Annaba, constitue selon le ministre « le maillon essentiel du projet de phosphate intégré (…) qui vise à développer l’industrie des engrais et à renforcer en valeur ajoutée les ressources minières nationales ».

L’Etat affiche son soutien aux grands projets miniers

Mourad Hanifi a profité de cette visite pour réaffirmer l’engagement de l’Etat à accompagner les grands chantiers miniers du pays. Il a insisté sur le fait que l’exploitation de Bled El Hadba représente « un pilier essentiel de la stratégie de valorisation du phosphate, de développement de l’industrie des engrais et de renforcement de la souveraineté économique nationale ». Le ministre a également inscrit ce projet dans une dynamique politique plus large, rappelant l’engagement de l’Etat, sous la direction du président de la République Abdelmadjid Tebboune, à fournir « toutes les conditions, le soutien et les facilités nécessaires ». Il a affirmé que l’Algérie avance « avec détermination et fermeté vers l’atteinte de ses grands objectifs économiques », notamment à travers l’accélération des préparatifs en vue de la valorisation et de l’exportation du phosphate. Pour M. Hanifi, l’enjeu dépasse le seul site de Bled El Hadba : il s’agit du premier maillon d’une chaîne industrielle complète, devant aboutir à la production nationale d’engrais. Une raison, a-t-il souligné, qui justifie l’importance accordée aux travaux de préparation, afin que la mine puisse ouvrir dans les délais fixés.

Avec ce projet, l’Algérie ambitionne de transformer ses réserves de phosphate, parmi les plus importantes au monde, en filière industrielle intégrée, allant de l’extraction à la transformation en engrais, en passant par l’exportation — une diversification économique présentée comme un axe majeur de la stratégie minière nationale pour les prochaines années.

Samira Ghrib

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