3e édition du Prix Tahar-Ouettar du roman : Les candidatures ouvertes
L’association culturelle El-Djahidia a lancé, samedi, un appel à candidatures pour la troisième édition du Prix Tahar-Ouettar du roman, une compétition littéraire placée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts et destinée à l’ensemble des romanciers algériens et arabes âgés de dix-huit ans et plus. Les dossiers sont attendus avant le 30 août prochain, et la remise des prix est prévue en marge du prochain Salon international du livre d’Alger.
Ce prix porte le nom d’une figure tutélaire. Tahar Ouettar (1936-2010), auteur de « La Zelzelé », du « Bout du monde » et de plusieurs œuvres qui ont durablement marqué le roman algérien d’expression arabe, reste l’une des voix les plus singulières qu’ait produites la littérature nationale au XXe siècle. Fondateur de l’association El-Djahidia à la fin des années 1980, il avait fait de cette structure un espace de dialogue entre la création littéraire et la société algérienne. C’est dans cet héritage que s’inscrit le prix qui porte son nom, conçu par l’association comme un instrument de « promotion du roman algérien » et de « soutien à son rayonnement aux niveaux arabe et international », selon les termes du communiqué des organisateurs.
La compétition distingue deux catégories distinctes : le roman publié et le roman manuscrit, ce qui lui confère une vocation doublement inclusive, ouverte autant aux auteurs déjà édités qu’aux voix encore inédites qui n’ont pas encore trouvé le chemin de l’édition. Pour être éligibles, les œuvres publiées doivent avoir paru en 2025 ou en 2026. Les textes doivent être rédigés en arabe, être des créations originales et ne pas avoir participé à un concours national ou international antérieur. Chaque candidat devra soumettre au minimum trois exemplaires physiques de son œuvre, accompagnés d’une version électronique en formats DOC et PDF.
L’édition 2026 introduit une nouveauté qui dit beaucoup sur les inquiétudes actuelles du monde littéraire : les candidats sont tenus de fournir « une déclaration sur l’honneur, dûment signée et légalisée, attestant de l’authenticité de leur travail et certifiant que l’œuvre proposée a été réalisée sans avoir eu recours aux outils de l’intelligence artificielle ». Cette exigence, inédite dans les précédentes éditions, témoigne de la vigilance croissante des institutions culturelles face à l’essor des outils génératifs, dont l’irruption dans le champ de la création soulève des questions auxquelles le monde du livre n’a pas encore apporté de réponse definitive. El-Djahidia prend ainsi position sans détour : le Prix Tahar-Ouettar entend récompenser une écriture humaine, au sens le plus littéral du terme.
L’évaluation des œuvres sera confiée à un jury composé d’universitaires spécialisés en critique littéraire et en création artistique, auxquels s’adjoindront des personnalités reconnues des milieux culturel et médiatique. La composition précise du jury n’a pas été communiquée à ce stade.
Les dossiers physiques doivent être adressés, sous pli fermé, au siège de l’association El-Djahidia, 8 rue Réda Houhou, commune de Sidi M’hamed, Alger. Les versions numériques sont à transmettre à l’adresse el.djahidia@gmail.com. La date limite de dépôt est fixée au 30 août 2026.
La cérémonie de remise des prix se tiendra en marge du Salon international du livre d’Alger, dont la prochaine édition rassemble chaque année, au Palais des expositions des Pins Maritimes, des centaines d’éditeurs nationaux et étrangers et des dizaines de milliers de lecteurs. Adosser la distinction à cet événement confère au prix une visibilité maximale et ancre la démarche d’El-Djahidia dans la dynamique la plus large du livre en Algérie.
Mohand S.

